Quand je serai grand je voudrais être Gablé!

Je n’avais pas vu un aussi beau film depuis longtemps.

Vous savez ces films où l’on rit, ceux où les hommes – les durs, les tatoués – ravalent leurs larmes ou encore ceux où l’on réfléchit (un peu, dans les limites de nos capacités). Et bien c’est l’un de ces films que les Gablé nous ont offert hier soir.

Certains parlent de La Science des rêves de Gondry, d’autres évoquent le Me and You and Everyone we Know de Miranda July… un beau film je vous dis.

Ce soir les Gablé nous ont sorti l’artillerie lourde, accompagnés d’un batteur-percussionniste-joueur-d’eau et d’une violoncelliste. Et puis, on avait beau être au courant, on ne peut être que surpris lorsque, au beau milieu du set, surgit  une chorale. Pas trois choristes gospel, pas des choristes blondes, en robes blanches, virginales à la Cohen, pas des enfants de chœurs, non, non, non, trois fois non. Les 15 choristes qui les accompagnent ne sont rien de tout cela. Les chanteurs, d’âge mûre – je me suis réconcilié avec les vieux ce soir -, sont émouvants, beaux et ils magnifient, excentrifient un peu plus la bricolo-electro-pop-rappée de ces musiciens habités.

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Une émouvante grand-mère vient pousser la chansonnette sur le devant de la scène (de source non officielle celle du chanteur, Mathieu) ce n’en est que plus beau. Le public, très nombreux, est conquis et les Gablé finissent de les ravir avec le très beau et efficace Drunk fox in London. Un beau film vous dis-je!

Alors non, on n’ose même pas aller les interviewer, ils ont l’air trop gentil, timide et normalement fou.

Nique (pas) Ta lbot

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Nick Talbot aka Gravenhurst a joué en fin d’après-midi à la Maison de l’étudiant, tout seul avec sa guitare et ses pédales d’effet.

Trois quarts d’heure de pop sombre pas molle du tout: il a pioché dans ses 5 albums (je ne les connais pas tous, mais il disait d’où étaient tirés les titres avant de les jouer) et nous n’avons eu droit qu’à de bonnes chansons.

Et oui, des chansons, tristes en plus.

Entre chacune d’entre elles, il glissait une ou deux phrases plus ou moins comiques – « cette chanson est une nouvelle chanson, elle sera sur mon prochain album qui sortira l’an prochain si j’arrive à en écrire neuf autres pour les mettre dessus avec », ce genre.

Il a fini sur un long morceau, « Songs from under the arches » (dispo sur « Fires in distant buildings » (2005/Warp) que j’ai en vinyl depuis 37 minutes et que je m’écoute en ce moment même avant de me précipiter au Cargö pour voir Gablé qui joue dans 20 minutes), bruitiste où il a pu justifier de l’installation de ses pédales.

Grand concert.

yiha!

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Photo + (superbe) croquis par happy nico daymon

Le cul dur.

Mesdames, Messieurs, la team Nordik a été très conciliante avec vos guibolles depuis le début des festivités. Après le hors d’œuvre Pierre Henry, puis le head-banging dans le parking hier le rythme s’accélère ce soir. Séance fitness au Cargö avec le kuduro de Buraka Som Sistema. Cuisses, abdos, fessiers et JCVD. Quoi ? Explications. Grâce à internet et quelques passeurs de luxe comme Diplo il est possible aujourd’hui d’écouter de la « musique du monde » sans passer pour un ringard. Avant la prof de musique du collège adOorait vous faire écouter une saleté de musique des Andes ou le chant des griots chinois de l’Alaska et on voulait s’enfuir, à juste raison. Fini tout ça. Même Amadou & Mariam bossent avec Damon Albarn, pour un résultat assez stupéfiant. Dorénavant on trouve tout, partout, tout le temps. Et surtout les collaborations pleuvent. Orient et Occident dans le même shaker. Grâce aux nerds des forums et quelques passionnés, les musiques du ghetto sont présentes sur les dancefloors les plus exigeants. Des exemples ? Le baile funk au Brésil, popularisé par les mixtapes de Diplo il y a quelques années, la B-More ou Baltimore music et ses samples hysteros, la bass music de Miami, DJ Funk, le grime londonien, MIA, Santogold, l’Afrique du sud avec le kwaito digital de DJ Mujava…L’orgie mondialisée en somme, vous voyez. Mais revenons à nos moutons. En Angola la vision répétée d’un nanar avec Jean Claude Van Damme a donné des idées à certains. On peut y voir notre cher belge s’adonner à une danse de fesses improbable. Ainsi est né le kuduro (le cul dur littéralement) à Luanda. Une musique, un rythme qui s’adresse directement à vos hanches, vos jambes et votre royal popotin donc. Frédéric Galliano ( ex-F Com) avait tenté de populariser la chose avec quelques mixtapes mais depuis la sortie de l’album des portugais de Buraka c’est l’explosion, couverture de Tsugi en France, dates live partout dans le monde, remixes… Et le Cargö ce soir donc. Préparez les bracelets éponges et puis soyez fous, ramenez Tata Jacqueline, celle qui est fan de Cesaria Evora, elle risquerait bien de succomber. Danse de Jean-Claude Van Damme par ici!

La vie des grands fauves : Blind Test K-Real (part1)

K-Real aka The Phuncky Doyen, c’est juste Monsieur hip-hop à Caen. Bien sûr, il s’en défend… Très modestement, il préfère que l’on pense à lui comme le Mister Univers du hip-hop, le Schouarzenneguère, le Chwarzenneger, le Shooar… oh et puis merde, le gouverneur californien disais-je du rap, de la soul, de la funk. C’est aussi un copain, ce qui expliquera le ton volontiers complaisant de cet article, en plus il est plus grand que moi et il me fait peur…

Taillé dans une armoire normande, il promène sa force tranquille là où le hip-hop bouge depuis une vingtaine d’années… La moitié de l’Europe était communiste, Mitterrand venait d’être réélu, le Minitel était une innovation technologique quand K-Real s’est mis à écouter Run DMC et Public Enemy. En toute logique, il a ensuite remonté le courant vers la soul et la funk et a décidé de devenir un passeur, animateur radio sur 666, sélecta pour les Stereotype Party et promoteur quand l’occasion se présente. Il est connu comme le loup blanc, joue dans toute la France et accueille parfois des américains. Mais c’est un modeste, presque timide et plutôt que de l’interviewer, nous avons décidé de faire un blind-test.

Tout était bien parti, la sélection faite, la jambon de sanglier posé sur la table, les ti-punchs servis, le dictaphone à l’affût quand se déroula la catastrophe que j’aurais du prévoir. Quand tu parles musique a un passionné, le timide laconique se transforme en torrent de mot, et je me retrouve avec plus d’une heure d’enregistrement à transcrire et un K-Real qui s’est emparé des platines en assénant noms, dates, labels…

Just the two of us/Bill Withers

Just the two of us… Le nom ? J’ai un problème avec les noms d’artistes. Ca été samplé par Daddy Lord C dans le titre Freaky Flow, entre autre… C’est mort, je vais pas trouver, j’ai aucune mémoire des noms. Je vois la pochette, c’est une pochette blanche… J’ai deux albums de ce gars… Je joue des morceaux soul, j’aime bien… Surtout en début de soirée ou dans certains lieux, par exemple la Garsouille, ça s’y prête bien. Ou en bar de nuit, les gens arrivent vers 1H00, de 23h00 à 1h00, ça s’y prête bien. Un indice ?

Il s’appelle Bill…

Bill Withers !!! C’est pas celle que je passe, celle là elle est connue, samplée dans le west-coast…

Tu les achètes où tes disques ?

Tu crois que je vais te donner mes plans (rire mafieux, main sur le holster, musique du Parrain…). Déjà que je me plains que d’autres arrivent à choper ce que je joue… Je dis plus à personne où je les chope… Les anciens trucs, ça me dérange pas, ce morceau par exemple, c’est quasiment du domaine public… Mais quand c’est une nouveauté, un truc que tu te prends la tête à trouver, là, ça commence à m’embêter effectivement… À la rigueur ce que j’ai pour moi, c’est la sélection. Je suis pas DJ. Avec moi, tu vas pas voir des scratchs, des passe-passes… Il faut bien se démarquer, et moi c’est avec la sélection. Si des DJ qui sont plus techniques que moi jouent les mêmes trucs que moi, ben c’est mort. Donc je fais attention…

Let it go/Herbaliser (feat. What What)

Facile… Un de mes morceaux préférés… Surtout quand la basse rentre… Il est trop facile à mixer celui-là ! T’as le beat… Tu l’enchaînes bien avec l’autre… Et tac la basse rentre… Donc Herbaliser à la production avec What What devenu Jean Grey Elle est quasiment sur tous les albums d’Herbaliser. Ils ont du garder de très bons rapports. Là sur cet album, Very Mercenary sorti en 96 ou 98, c’est sa meilleure apparition avec Herbaliser (après vérification, c’est 1998, bien ouèj K-Real !)… Et quand il scratche à la fin… Parfois, je passe un morceau juste pour un petit truc… Et là je le joue jusqu’à la fin, parce qu’il y a un petit scratch qui dure pas longtemps et c’est les Beastie Boys, un extrait de leur premier album avec l’avion qui s’écrase. Et j’adore le petit scratch qui dure dix secondes. Herbaliser, je vais essayer des le voir samedi soir même si je joue. Mais ça va être chaud, je fais quatre passages entre les groupes, dont deux passages de quarante minutes. Et je passerai bien un morceau d’Herbaliser en clin d’oeil, je sais pas encore, j’ai pas préparé… Faut que je sois dans le speed… Je fais du bachotage… Et puis j’improvise sur place…

Malik/The Lafayette Afro Rock Band

Bon, ça sonne récent déjà…

Non…

Ah ouais ??? Ca sonne comme des trucs que je peux passer maintenant genre Mr Confuse… (…long silence…) Mmmm, la pochette, c’est une dame en afro et ça s’appelle… Malik, un truc comme ça… Heu… Lafayette, heu…

Lafayette Afro Rock Band.


Ca sonne vraiment récent… Y’a pas mal de cuivre, c’est instru quoi. Moi, j’aime bien ça…. En ce moment, les batteries ressortent énormément, j’aime bien ça. J’aime bien aussi les trucs un peu rock comme Lefties Soul Connection, c’est une ambiance assez rock avec une batterie super présente, des breaks, à la rigueur une petite guitare électrique. C’est super énergique et ça groove… Ca m’arrive de jouer des trucs un peu rock, comme les groupes des années soixante dix, des groupes de blancs qui embauchaient des blacks. Genre ils embauchent un bassiste black et ça change tout… Ca reste assez rock mais y’a du groove qu’il n’y avait pas dans les autres groupes… 1973, c’est mon année préférée… 1972, ça sonne rythm and Blues, 1973, c’est parfait, 1974, ça commence à sonner disco.

73, c’est une année qui change tout pour moi. J’aime bien le Clarence Reid par exemple…Un grand producteur…

(À suivre…)

Ce soir dés 19h00 au Spot : Vintage (Rue de Geôle/Face au Château) Stereotype Freshest Team avec Dj Bluff, Dj Teo & Phuncky Doyen.

Before bars: Qebrus live tonight!

Oktus - Tous droits réservés

Oktus - Tous droits réservés

Focus sur Qebrus. Notre plus bel espoir local sera ce soir à L’Oxygène B à Caen (Université) et on se devait de mettre en lumière les talents multiples de cet homme orchestre 2.0. Auteur d’un remix tout chaud pour Das Glow chez Institubes, ce zigoto en live est la cure de jouvence que vos tympans réclament depuis le début du festival. Parfait apéritif sonore, vous serez dans le vif du sujet. Son live est d’une rare puissance. Celui ci n’est pas sans rappeler le son de The Proxy, SebastiAn, Jackson et son computer band et toute la scène breakcore américaine. Influences digérées parfaitement, nous ne sommes pas en présence d’un énième sous-Justice qui turbinerait à vide. Non monsieur. Il y a de l’esprit derrière tout cela, tremblez les kids la révélation est imminente.

http://fr.myspace.com/qebrus

Interview du Parc expo : « Allez faire la fête ailleurs! »

Grand moment de solitude, je me suis demandé ce que je foutais là…

Bonsoir

Euh, bonsoir ?

BONSOIR ?

Hein ? Que.. QUOI ? QUI EST LA ?

Heu, c’est moi, ici là, devant l’entrée

Parlez plus fort, j’entends rien!

Je viens pour le nordik blog, le blog de nordik impakt, vous avez 5 minutes ?

Argll (on dirait qu’il s’étrangle…) LE QUOI ? LE BELOGUE DE NÖRDIK IMPAKT ? Vous faites erreur, c’est au Cargö maintenant, ils m’ont rendu sourd pendant des années ces sauvages

Ben justement, on revient cette semaine et

Au par expo, lambiance est toujours au rendez-vous des soirées de clôture (Archives)

Au par expo, l'ambiance est toujours au rendez-vous des soirées de clôture (Archives Nördik 2007)

Ah mais non, vous ne viendrez nulle part, je ne veux plus vous voir, c’est clair ? Laissez moi tranquille avec votre musique chaotique et vos camions qui m’hurlent dans les oreilles. J’ai assez donné pendant des années, mes parois en tremblent encore.

Euh, si, on arrive vendredi et on reste jusqu’à dimanche matin en fait

Non mais vous déconnez !!! je rêve ou quoi!!! je me remet tout juste de la foire, je vais encore me taper le salon du mariage et la fête foraine, merci, j’ai passé l’âge pour toutes ses âneries. C’est pas vous qu’avez le Zénith et le stade Malherbe comme voisins en plus, vous vous rendez compte ?? Allez faire la fête ailleurs, à la salle des fêtes de la Pierre-Heuzé ou à la MJC du Chemin-Vert, c’est pas mon problème.

Lost In Vibration #1, Level #2!

(ou les pérégrinations d’un popeux dans le Nördik)

Il n’y avait apparemment pas assez de basses dans l’église Notre Dame de la Gloriette pour que Pierre Henry puisse jouer l‘Apocalypse selon Saint Jean. Avant de rendre malheureux les plus de cinquante ans, qui avaient révisés leurs bibles de longues heures pour l’occasion, Pierrot aurait dû réfléchir à deux fois et essayer l’acoustique du parking souterrain du Château.

Boum tcha tchiiii, boum tchtchatchatcha, boum tcha tchiiiii, boum tchatchatchatcha !

Il veut des basses papy ?

C’est mieux comme ça ?

En effet, ce soir, une seule norme : aucune fréquence au dessus de 150Hz et, vu la façon dont vibre le château, l’apocalypse n’est pas loin. Descend! Prend ce couloir! Dirige-toi vers ces basses que tu vois au fond du tunnel. Et, tout là-bas sous 2m20 de plafond, commencent à s’agiter les beat lovers sur Hermutt Loby. Claustrophobe s’abstenir.

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Hermétique à la pureté et à la beauté du boum-boum, je dois attendre Dorian Concept pour pouvoir m’accrocher à quelque chose qui me parle… Car tout à coup des médiums apparaissent, des voix aussi et on se surprend à traquer la pop dans les rythmes boum-tchack que déroule Dorian. Sur un titre certains y voient du Clash (This is Radio Clash), d’autres du Gainsbourg période Funk pourrave… Blindtest original, souterrain et alcoolisé!

On s’accroche décidément à ce que l’on peut, surtout lorsque les basses vous prennent au sternum.

Fulgeance nous accroche l’oreille et torture les sons et les rythmiques. Sa trompette est aussi réaliste que les grillons (et non pas des sauterelles m’ont précisé des spécialistes en biologie animale) de Pierre Henry et les breaks surprennent. Le public s’échauffe et la chaleur se fait dans ce souterrain à l’architecture froide. néanmoins pas de coït sous les néons ni de sexualité déviante à l’horizon.

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A Pierre Henry les églises, à Eklektik le parking du château. L’histoire de l’électro en deux jours, c’est beaucoup à digérer.

Mon acouphène va bien, bonsoir.