Day Of Anger.

Avant de parler de ce dont j’ai envie de parler, je me dois de parler de ce dont je me dois de parler. Tout ça pour dire qu’à côté de mes fonctions officielles, je joue du luth dans une formation locale de musiciens en djellaba. Or, hier soir même nous fûmes brutalement interrompus par la milice alors que nous nous apprêtions à divertir une vingtaine de convives dans un appartement. Nul moyen de négocier avec ces rustres, même en leur montrant ma photo du président Coty. Des rustres j’vous dit. Je leur montre donc ici ma plus belle citation, pour mettre la France en garde de ce qu’elle pourrais devenir avec de tels individus.

Mais passons sur ces tristes événements. Je voulais surtout parler cinq petites minutes de Mondkopf. Un français avec un nom d’Allemand qui signifie Tête de Lune. C’est joli non ? Eh bien moi contre vents et Metronomy, c’est pour le voir lui avant tout que je serais au Cargö ce jeudi. Attention éloges.

C’est avec Galaxy Of Nowhere que j’ai découvert le garçon. Ce fut le coup de foudre. Le premier LP du français est une merveille. Pourtant pas un immense fan d’électro, cet album m’a électrisé comme un interrogatoire du KGB. Atmosphères léchées, constructions labyrinthiques, sonorités hypnotisantes. Un petit chef d’œuvre de musique électronique. Point d’orgue de cet album: la magnifique et obsédante Dame En Bleu dont je ne me suis toujours pas relevé.

Et puis il est revenu avec Rising Doom, renouant avec ses influences plutôt Goth. Un disque apocalyptique, dans le bon sens. Moins fin que le premier, plus puissant, plus rageur, plus dansant. La presta de ce soir devrait s’apparenter à ce deuxième disque.

En deux albums seulement, Mondkopf érige déjà un monument de l’électro française. Restez après Metronomy ce soir, c’est un ordre direct du président Coty.

Franz Lispector ou à raison alors que Monsieur Crane

Ce soir Monsieur Crane et Lispector débarquent de Bordeaux pour un concert en appartement. Je suis impatient comme un petit chien qui ne sait pas à quelle sauce il va être mangé.

Monsieur Crane c’est Mika membre des Crane Angels, chorale pop composée d’un ramassis de talents (Petit Fantôme, Père Dodudaboum, Botibol, J.C Satàn) tous plus énervant et intéressant les uns que les autres. Sauf que pas vraiment. Enfin si, ils sont vraiment tous énervant et intéressant, mais non Monsieur Crane n’est pas vraiment Mika des Crane. Ou vice versa. Dans le bon sens. Parce que si Mika était Monsieur Crane il aurait appelé son projet solo Mika alors qu’il l’a appelé Monsieur Crane et que donc, subsconsequement, il est possible d’affirmer que Monsieur Crane le susnommé n’est pas tout à fait le Mika des Crane Angels même s’il s’agit bien d’une seul et unique personne physiquement parlant…

Il est possible que le garçon soit légèrement schizophrène.

- » Schizophrène donc?

-Oui en effet. »

Avec Monsieur Crane on est bien loin des belles chansons pop et harmonisées des Crane Angels. C’est crado, lo-fi, Hip Hop indé, un chant en Français avec des paroles franchement sales (et salement franches), du mauvais goût, ça sent la cravache en cuir, la croix de St André et les stigmates dans ton cul (ou dans ta chatte avec la sucette à la fraise).

Plus récemment Monsieur Crane a sorti des chansons plus gentille sous le nom de The Lonely walk. Les menottes ne sont jamais loin mais, sympa, il a entouré l’acier froid d’une jolie moumoutte rose.

Le casiotone est un joli instrument. Certaines personnes préfèrent le violon. A tort.

Je vous parlerais de Lispector plus tard, mais en attendant son dernier album est en écoute sur son site.

Tu préfères savoir quand y a Henri Dès In Vegas ou voir Death In Vegas manger du riz à Caen ?

(Hein ?)

Richard Fearless et des copains à lui seront demain sur la scène du Cargö pour Nördik.

Et c’est soupaire!

Trans Love Energies est le cinquième album de DIV, sept ans après le dernier (à côté duquel, il faut avouer, nous étions complètement passé). Le Death In Vegas en chef a entre temps fait une parenthèse psyché sous le nom de Black Acid (trois singles). Certains morceaux de l’édition deluxe du dernier LP reprennent des titres de cette période (FUR, Coum,…).

Satan’s Circus était, avons-nous lu, déjà un retour à l’électro mais pour nous entre Scorpio Rising & Trans Love l’écart est grand et la surprise est bonne. Le disque n’est sorti que la semaine dernière mais les quelques écoutes qu’on a pu en faire sont étonnantes : autant Black Hole sonne comme du bon vieux DIV (période Contino Sessions / Scorpio) autant Your Loft My Acid et le putain de son, euh, acid (bonanga) nous ramène à la fin des 80′s, terrain auquel le Richard ne s’était pas jusque là franchement collé sur ses albums.

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En plus de tenir désormais seul les rênes du groupe (compos, design des pochettes, VJing…), Fearless n’a pas eu les chocottes d’en saisir également le micro. Si sur Black Hole la ressemblance avec la voix d’Iggy (qui avait brillé sur le l’Aicha de The Contino Sessions) est troublante, son organe s’en affranchit sur Coum ou la grandiose Scissors.

Nous refusons par principe de regarder des vidéos en live ou de lire des compte rendus des concerts avant nous-mêmes d’y assister, nous ne savons donc absolument pas à quoi cela ressemblera demain*.

C’est pas comme si ce blog avait une vocation informative, hein?

(désolés)

Mais pour se faire pardonner on organise un concours pour faire gagner une place pour la soirée.

* en fait on sait juste qu’il a joué Hands Around My Throat & Rekkit à Rock En Seine et ça serait d’ailleurs choubidou qu’il nous les refasse, mais de toute façon, on est prêt à prendre tout ce que Richard donne, et même ce que Richard (fear) laisse.

Metrönömick or Treatz

Joseph Patrick Kennith Mount c’est, soyons clair, Dieu

Voila, cela étant dit, je vais quand même tenter de faire une petite chronique de ses 3 albums avant l’incredible soirée du Jeudi 6 Octobre pendant laquelle Metronomy partagera le Cargö avec Connan Mockasin et Mondkopf.

Tout commença à la fin du lycée quand Dieu offrit à son papa un ordinateur (un G3 pour être précis). Et Dieu, bien que batteur de formation, en fit un probablement meilleur usage que son père et sortit en 2006 (4 ans après l’avoir commencé) ce putain de disque génial qu’est Pip Paine (Pay The £5000 You Owe).

Première des 6 releases du label Holiphonic (dont je n’ai pas bien compris ni l’origine ni la raison de la disparition) cet album (limité à 500ex pour son premier pressage) est à la fois grandiose et pas facile à partager. Dieu y fait tout sauf la voix de l’hypnotique Trick or Treatz (c’est Virginia Lipinski-ki s’y colle) et la basse de Bearcan (là c’est Gabriel « bourré de talent* » Stebbing, le futur ex-bassiste du groupe, qui s’en charge).

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On peut entendre sur quasi chacun des sets live de Metronomy You Could Easily Have Me qui ferait pogoter le plus centriste des MoDem de ton quartier et de temps en temps on a aussi droit à Black Eye / Burnt Thumb (une histoire vraie) qui permet à Oscar « Si j’étais gay j’aurais un petit faible pour toi » Cash de montrer en live son incroyable maîtrise de cet instrument tout aussi incroyable qu’est le Melodica.

À côté de ça il y a un paquet de pépites comme This Could Be Beautiful (It Is), I String Strung, How Say et Love Song for A Dog, qui (je ne sais vraiment pas comment les décrire autrement) auraient pu être écrites par un popeu fan de Kraftwerk qui aurait chouravé le matos d’Aphex Twin. Comment un assemblage de sons aussi affreux peut avoir un rendu pareil ? Hein ?

Nan mais sérieux, vous arrivez à écouter le clavier d’How Say sans lever les deux bras en l’air en plissant les yeux ?

Pas moi…

Pip Payne reste à mes yeux le meilleur disque de Dieu, ptet parce que j’ai jamais entendu un autre album sonner de cette façon ou ptet parce que personne d’autre que lui aurait pu faire un truc pareil. Nights Out & English Riviera sont des petites merveilles entendons nous bien, mais l’intégralité de Pip Payne rend fou (c’est positif).

Après pas mal de remixes (pour Franz Ferdinand, Tellier) et quelques reprises improbables (notamment celle de Britney Spears) Dieu prépare Nights Out et la tournée « Push Lamps » qui va suivre.

Nights Out parait en 2008 et le premier single, Radio Ladio, sorti chez Need Now Future Records (le label de Dieu qui sortira ensuite le premier cocknbullkid) rend foufou la galette, particulièrement en live.

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Si le disque est nettement plus putassier que son aîné il n’en reste pas moins un sacré réservoir de tubes qui m’étonne à chaque écoute. Le succès commercial qu’il entraîne est tout à fait légitime et mérité, purée de coq : Heartbreaker ? A Thing For Me ??? Back On The Motorway ??? Vous arrivez à les écouter sans mettre les bras en l’air en plissant les yeux ? Hein ? (nan mais sérieux, c’est une vraie question : j’commence à penser que j’ai un problème moteur)

À l’époque sur scène on retrouve les 3 petits anglais avec leur push lamps et des chorégraphies à faire oublier l’omniprésence des bandes et le côté un brin rigide de la musique.

Car voila bien le seul reproche que l’on peut faire à Metronomy : le manque d’écart entre les versions disques et les versions live. En gros c’est la même chose un brin plus rapide avec des blagounettes et du gros son. J’dis ça, j’dis rien, car après 4 concerts cette année j’ai du mal à m’en plaindre… N’empêche…

En 2011, après l’EP sorti de nulle part Not Made For Love (avec le soupaire What Do I Do Now?), arrive The English Riviera et plusieurs changement dans l’effectif de Metronomy (sur scène, car au studio c’est quasi toujours Dieu seul qui compose et enregistre tout) :

  • Le poste de Gabriel est repris par le funky Gbenga « je vais pas faire semblant de pouvoir épeler ton nom de mémoire » Adelekan
  • Les bandes de batterie sont avantageusement remplacées par Anna « j’aimerais pas être goal pendant que tu tires un penalty » Prior

Mais le changement le plus important est clairement au niveau de la composition des morceaux : moins de machines et plus de vrais instruments.

Enfin, moitié moins. D’un côté on a du bon vieux Metronomy bien chimique (Love Underlined, Loving Arm, The Bay) et de l’autre du Metronomy qui oscille entre Rock (We Broke Free) et dodelinage de la tête (Everything Goes My Way, Trouble) et parfois les 2 en même temps (The Look).

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The Bay c’est un peu l’Holiday d’English Riviera, force est de constater qu’après 27458 écoutes ça reste un putain de bon morceau et je ne connais pas beaucoup de chansons aussi populaires (à part des trucs du niveau de Right Here, Right Now) capable de résister aussi bien à l’usure.

Mais ma chouchoute de l’album reste (Ohhhh) Corinne.

Corinne c’est du concentré-décomplexé de Dieu : son énième chanson qui parle de nana, un clavier 80′s tout putassier, petite dring dring la guitare, refrain qui te reste dans la tête pendant 3h, c’est electropop sans que ce soit péjoratif, je pourrai l’écouter 4x d’affilé (ce que je suis en train de faire pour écrire tout ça) mais purée de coq, ce coup ci, Dieu, sérieux, j’ai tous tes disques, je t’ai parlé une fois, on s’est serré la main, je t’ai regardé fumer une clope à 2m de moi sans venir te faire chier, avant de manger une chips je vérifie qu’elle ne te ressemble pas et j’ai jamais demandé en gueulant Trick Or Treatz pendant tes concerts, alors sérieux, ce coup-ci, tu la joue pas pendant que je suis parti faire pipi (les bras en l’air et en plissant les yeux, c’est au passage un bon moyen de couper court à toute discussion de pissotière).

* les 2 singles de Your Twenties sont recommandés, surtout Caught Wheel (produit & enregistré par Dieu lui même)

GaBlé, he’s OK et c’est tant mieux

Voici ce qui se passe normalement quand on reçoit un disque pour le chroniquer. On l’écoute entre une et dix fois suivant le temps, l’envie et la façon dont on apprécie le disque. On prend note mentalement d’un genre musical on affine avec quelque adjectifs connus des seuls mélomanes pour se la péter un peu on le place à côté de deux trois références communes dont on va dire qu’ils sont des influences puis après lui avoir délicatement déplié les ailes on lui pique l’abdomen et on le plante à côté de ces congénères dans notre jolies collection de papillons morts références musicales. Dans les conversations, ça donne à peu près ça : « Non mais franchement le dernier Phat Ladys Sux Betta a beau se revendiquer plutôt old-school west-coast, je le trouve franchement dirty south, peut-être même encore plus booty et digital que Eat My Crack ou que Tha Wu Klux Klan… » Sauf accident, vous gagnez a peu de frais le respect de l’interlocuteur qui se demande soudainement pourquoi il n’a pas revendu ses CD de Vanessa Paradis pour essayer de briller en société comme vous venez de le faire. Ce genre de technique vous permet de convaincre facilement tout partenaire sexuel potentiel de vous choisir vous, de progresser dans l’organigramme de l’entreprise, de devenir un homme meilleur qui fait l’admiration de sa boulangère et de ses voisins. Certains finissent même juré à la Star Ac’, c’est vous dire si c’est bien.

Et puis arrive un jour ce qui ne devrait jamais arriver. Alors que la veille vous avez chroniqué The Razors de la pop mancunienne aux accents spectoriens et In Girum du néo-kraut qui n’est pas sans rappeler aussi les développement early-électro de la musique d’illustration française, vous recevez un album qui se refuse à rentrer dans un genre précis… C’est énervant ça, qu’il y ait encore des gars pour faire la musique tout court. En dehors des limites d’un genre… On leur a bien dit pourtant… Merde… Comment je fais-moi… En plus c’est de la bonne, ce qui est encore plus embêtant. Elle aurait été mauvaise sa musique au GaBlé, on aurait évacué ça en deux trois vannes bas du front. Mais non impossible. Parce que sous le bricolage hétéroclite que constitue l’album se cache une petite pépite. Oh bien sûr, à ne pas vouloir s’en tenir à un genre, GaBlé tape forcément dans plusieurs. Le riff de Arm and Nose, Arms and Noise sonne rock, mais il est joué au violoncelle. I’m OK sonne néo-folk déglingo alors que Mon Coté féminin joue la carte du breakcore minimaliste et rigolard. Les samples de voix à droite à gauche font trip-hop et pourtant l’album n’a rien de trip-hop.

Imaginez un routard de trente piges qui vient de faire le tour du monde durant les huit dernières années. Il vient de rentrer et raconte ses souvenirs disparates. Voilà à quoi ressemble le dernier disque de GaBlé, une juxtaposition de paysages sonores, d’anecdotes sous forme de morceaux très courts, un échantillon de la beauté du monde de la musique raconté avec sensibilité et humour et avec le souci de franchir les frontières le plus librement possible. I’m OK est juste un de ces très bons albums, un de ces inclassables de bricoleur fou qu’on pourrait ranger sans honte du côté des Wyatt ou Comelade justement parce qu’il ne leur ressemble pas.

Il passe avec Chinese Man et Buraka Som Systema au Cargö jeudi 22 octobre à 21h00 après avoir travaillé son nouveau live en résidence… Ne le ratez pas. On a si peu l’occasion de voyager à peu de frais…

EBONY tyler BONES

Ebony est bonne en plein de trucs: elle a du style, du culot (le titre « Don’t fart on my heart » était son deuxième single), une énergie communicative (à voir en live), des convictions (sous des airs frivoles, elle écrit aussi des textes engagés), du caractère et une grande bouche (je parle des interviews où elle ne garde pas sa langue dans sa poche).

à noter qu'elle porte des chaussettes snoopy et un sac bob l'éponge

J’aime beaucoup l’exubérante Ebony Bones , j’attendais beaucoup (trop?) de son album « Bones of my bones », j’étais du coup à 97% sûr d’être déçu et ça n’a pas raté.  Le petit poppeux que je suis a l’impression qu’elle a plus compilé des titres que réalisé un véritable album, qu’elle a un peu trop fait passer le rythme avant les mélodies et qu’elle n’a pas toujours réussi à rendre en studio l’énergie qu’elle déploie sur scène.

C’est ben dommage.

Il faut dire que sur scène, de l’énergie, il y en a. Mes jambes gardent de très bons souvenirs de son passage aux Trans l’an dernier et à Rock en Seine cet été. Pour celles et ceux qui n’ont pas eu la chance de la voir « en vrai », elles/ils peuvent s’attendre 1) visuellement à une tornade colorée et fluo et 2) musicalement ET visuellement à un mix afro-électro énergique en plein carnaval de (patrice) rio:

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Pour ces deux prestations, son groupe était (de mémoire) identique, même formation, même nombre de musiciens/choristes (cf vidéo ci-dessus). Ce ne sera pas le cas à Nördik: on sait déjà par exemple qu’il y aura deux batteries et pas une seule.

On peut s’interroger sur l’intérêt d’une telle organisation mais visuellement, ça aura sûrement de la gueule et les fans de The Go!Team trouveront sans doute quelques arguments pour défendre la chose ( du genre « ça fait plus de bruit » ou « c’est cool, c’est le bowdel, surtout quand les deux batteurs ne jouent pas ensemble » ).

Pour en revenir à l’album, j’ai certes été déçu mais « Bones of my bones » est loin d’être une daube.

Il y a des titres qui s’en tirent très bien, qui donnent envie (ou pas) de danser ET qui peuvent aussi émouvoir (attention, je suis pas une lopette, ça veut pas dire « qui font chialer », ça fait référence aux mélodies et aussi au fait que ça peut s’écouter avec plaisir assis -en tapant du pied et en hochant la tête quand même) : le grandiose « We know all about U » (son premier single, ma préférée), « Story of St.Ockwell », l’instru limite surf « Bone of my bones » [wpaudio url="http://www.fileden.com/files/2009/6/3/2464744/06-ebony_bones-bone_of_my_bones.mp3" text="Ebony Bones - Bone of my bones ," dl="0"] le très Ms Dynamiteien « Smiles and Cyanide » et l’engagé  « In G.O.D We Trust (Gold, Oil & Drugs) »

[wpaudio url="http://www.fileden.com/files/2009/6/3/2464744/05-ebony_bones-in_g.o.d_we_trust_%28gold_oil_and_drugs.mp3" text="Ebony Bones - In G.O.D we trust (Gold, Oil and Drugs) ." dl="0"]

Il y en a d’autres comme le pas pacifique « W.A.R.R.I.O.R », le très efficace « The Muzik », le délicat (!) « Don’t fart on my heart » et « Im Ur Future X Wife » (quels titres quand même!) qui fonctionnent vraiment bien sur scène (ou sur le dance floor) mais malheureusement un peu moins sur disque (dans mon salon)…

Finalement, ça fait quand même pas mal de bons morceaux!

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Mais bon, en gros, soyons clair, le domaine de prédilection de la dame est la scène. Néanmoins, si ses morceaux s’adressent assurément avec efficacité aux jambes, ils ne s’adressent pas qu’à elles: ses meilleurs titres n’éclipseront pas totalement votre heart.

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Ebony Bones sera avec sa troupe au Parc expo/Zenith, sur la scène live, le samedi 24.

8 (bits) ça suffit

Je suis présentement très excité par la scène 8-bit du 23 Octobre (doux jésus fait s’il te plait que ça ne se télescope pas trop avec le set d’Erol (eau de printemps) Alkan), pas toi ?

La sélection pour la soirée a été faite par Dubmood, un suédois domicilié à Marseille (comment a-t-il Atari là ?), bien connu des vieux wareziens parmi nous pour ses musiques accompagnant les cracks de Razor1911 (purée, à l’époque c’était une fête d’installer un truc sur son ordi), on peut donc raisonnablement s’attendre à un programme de qualité.

Sur son MySpace la date est annoncée comme un versus avec Facteur (un camarade de Leonard de Leonard), ça risque d’être plus techno tinté de 8bits que l’inverse comme on peut le constater sur un précédent concert :

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Sinon, le reste de la prog de la soirée :

Paza Rahm (un suèdois aussi)

J'espère qu'après ça roubi ne serait Pazarhamasser à la petite cuillièreSi y a un bien chez les chipmusiciens c’est leur côté artiste « complet », les mecs font leur musique, leurs instruments et leurs vidéos. ça change de ces feignasses de rockeurs qui n’accordent même plus leurs guitares eux même, HEIN ?

Sa dernière release *voix de robot* MEGATAC 2 (Ninjani Diskus / 2009) représente assez bien l’idée qu’on (enfin, pas mal de gens qui m’entourent) peut se faire de la musique 8-bit, une alternance entre pop-electro assez gaie jouée d’un orchestre de Game Boys (Early) et intros de megaman qui ne s’arrêtent jamais. Il est important de noter que les 2 rendent fou. Et ça c’est soupaire.

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Paza Rahm – Early

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Paza Rahm – Lastlevilboss

Je dois avouer que c’est mon ptit chouchou de la soirée et j’espère qu’après ça roubignole ne sera Pazaramhasser à la petite cuillère.

Goto80 (pareil)

Il a mangé 80 parts de GotoUne discographie bien fournie et plein de sideprojects (comme l’étrange Superdöner décrit à juste titre sur wikipedia comme un « groupe lo-fi c64 guitare ») Anders Carlsson est effectivement un musicien assez prolifique. Entre son premier vinyl et sa reprise de Come Together (dans le cadre d’une compilation de versions 8-bit des Beatles, Wanna Hld Yer Handheld) il y a de quoi faire… Dans le lot je recommande d’ailleurs chaudement Papaya (Bleep Music / 2001), principalement pour Blox mais aussi pour Papaya Coconut qui est ce qu’il y a de plus proche d’une Compagnie Créole électronique (et oui c’est un point positif). Que peut-on faire de mieux avec un C64 (à part jouer à IK+) ?

[wpaudio url="http://www.fileden.com/files/2009/10/11/2598898/02%20Blox.mp3" text="Goto80 - Blox" dl="0"]Achat de la réédition de Papaya chez Boomkat.

Et même si j’ai une préférence pour ses sorties les plus anciennes j’ai assez hâte de le voir sur scène la semaine prochaine, le mec ayant l’air assez fun. Par exemple après son passage sur une TV suédoise dans une émission pour enfants (celui qui l’a invité à probablement dû changer de job après), les gamins ne toucheront plus jamais ni aux jeux vidéo ni aux légumes.

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Meneo (des espagnols)

à 2 avec leur Game Boy ils arrivent à faire de la musique 10-bit *clin d'œil appuyé*« Meneo » signifie « plaisantin » apparemment (c’est google translation qui le dit), ça explique peut être la tendance du duo à finir ses sets à poil (dommage que ce soit des mecs *rire gras*), l’agenda de leurs concerts passés indique d’ailleurs fièrement s’ils se sont fait jetés ou non avant la fin… Comment vont réagir les organisateurs de Nördik ? Et plus sérieusement qui entre 3 et 5h du matin va être choqué par 2 mecs qui triturent des consoles les fesses à l’air sur scène, hein ? J’espère juste que j’aurai fini de manger mes saucisses avant…

Bref, l’interweb tout entier s’accorde à dire que leurs shows sont délirants et euh … c’est plutôt une bonne nouvelle, parce que musicalement c’est pas le genre à faire des concessions, en écoutant leurs derniers morceaux (sur leur MySpace, Bitnik n’est pas encore sorti) je me dis qu’ils ont coincé Diplo dans leurs Game Boys et qu’il n’est pas super content. Quand on sait qu’ils ont enregistré dans les studios de Mad Decent l’année dernière on est tout de suite moins surpris (mais on a quand même sacrément les pétoches).

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Computer Truck (un français)

Quand il était il était gardé par (computer) Truck NourisseAncien batteur du groupe (punk) action directe il fait maintenant du 8-bit notamment avec des … jouets bricolés. C’est monsieur circuit bending (c’est le nom technique de la chose) au point d’être celui qu’on interviewe dans Tracks à ce sujet et d’animer de nombreux workshops dont celui de Nördik ! Jeudi 22/ vendredi 23 de 14h à 18h, il aidera les petits chanceux ayant réussi à se libérer à modifier leurs vieux claviers-1-octave-cadeau-de-la-blanche-porte en le soudant à un videopac et un docteur maboule (description non contractuelle). Plus d’infos sur nordik.org -> programmation -> fil rouge.

Son album Rock The Boulevard, Reach The Bourgeois (da! heard it records, 2006) est téléchargeable gratuitement sur le site du label. Petit extrait :

[wpaudio url="http://www.fileden.com/files/2009/10/11/2598898/07%20-%20The%20Cave%20%28Ask%20Olli%20-%20Computer%20Truck%20RMX%29.mp3" text="Computer Truck -  The Cave (Ask Olli - Computer Truck RMX)" dl="0"]Sous licence Creative Commons.

Voilà !

à la pop, je ne dis pas nonL, je dis WHEEL

On a déjà parlé ici des Nördik Apparts, ces concerts qui auront lieu dans huit appartements de Caen, tout au long de la soirée du mardi 20 octobre…

Y sont programmés huit groupes de la scène locale et notamment WHEEL, un des acteurs les plus talentueux de l’active et parfois même brillante scène pop caennaise.

j'ai entendu que tous sauf un étaient absolument nus sous leurs vêtements

Pour être précis et clair, les WHEEL sont mes petits préférés.

Nicolas V. (chant, guitare), Julien R. (basse,…), Nicolas R. (claviers,…) et Adrien R. (batterie, choeurs) ont formé le groupe il y a trois ans. Ils se produisent selon les circonstances « habillés » (avec électricité) ou « tout nus » (en acoustique) et j’y trouve mon compte: en formation électrique, j’apprécie leur énergie, leur putain de gros son, leur groove… Et certaines de leurs chansons sont très à leur avantage quand ils débranchent leurs instruments…

Afin de mieux les faire connaître, nous leur avons proposé un petit questionnaire hautement philosophique, le « ou WHEEL ou NONL » (ils ont un peu triché et leurs réponses sont en gras comme parfois l’humour pratiqué par ici)

1) Bonjour ………… Salut !
2) Êtes-vous un groupe pop-rock? MmWHEEL…
3) Êtes-vous en train de travailler sur votre premier album? WHEEL et NONL - on retourne en phase de création pour produire des nouveaux morceaux.
Si on est productif, on fera un album complet, sinon un autre MAXI, sinon rien.

4) Est-ce qu’il sera terminé avant la fin de l’année? WHEEL (si miracle) et NONL (sans doute)
5) Irez-vous à des soirées Nördik Impakt? WHEEL
6) Est-ce que vous saviez qu’on vous aimait beaucoup ici? WHEEL (ove you too)
7) Alors est-ce que vous pouvez nous donner l’adresse de l’appartement où vous jouerez? NONL
8 ) Quel est le prénom de l’acteur Will Smith? Philippe?
9) Quel est le meilleur groupe du monde? The WHEELtles ? WHEELzly Bear ?
the (WHEEL) Smiths ? WHEEL to real ?

Merci les gars…

Comme il l’est écrit sur l’affiche, les gens qui auront la chance d’assister à leur concert en appartement profiteront de la formation « naked » … Le groupe a prévenu que ce sera un concert un peu spécial, limite conceptuel: « Il ne faudra pas être en retard pour tout suivre » . Pour pouvoir juger sur pièces, une seule adresse: nordikappart@yahoo.fr !

Et pour avoir une idée de la facette « habillée » du groupe, il suffit d’acquérir les deux maxi cds, de grande qualité, que le groupe a déjà publiés. Leur deuxième ( « maxi cd#2″ ) est sorti en début d’année et je vous le conseille chaudement.

Tous les titres qui le composent sont écoutables sur leur myspace.

Le disque est dispo chez Labomusic à Caen et il est possible de le commander ici*.

Ils nous ont gracieusement donné l’autorisation de mettre ce « Sorry » psyché et plein de rebondissements en téléchargement/écoute gratos.

Enjoy (Serge Bergon, 1983)

ce disque est wheely good

[wpaudio url="http://www.fileden.com/files/2009/3/7/2353164/WHEEL%20-%20Sorry.mp3" text="WHEEL - Sorry" dl="http://www.fileden.com/files/2009/3/7/2353164/WHEEL%20-%20Sorry.mp3"]

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*Celui (celle) qui ne l’achète pas est un(e) fan hardcore de Phil Barney…

nathan fait que semblant de faire de l’électro

Bon OK, c’est pas tout à fait vrai…

En même temps, il faudrait se mettre d’accord sur une définition universelle de l’électro… Est-ce qu’on parle de la forme? Du fond? Est-ce qu’il y a une philosophie derrière? Est-ce qu’il peut y avoir de l’électro à guitare? De la pop sans chansons? De la shoegaze sans guitares? Hein?

Eh ben oui, les frontières entre les genres musicaux s’effacent et les frontières en général aussi… Vous verrez qu’un jour il y aura une Union des pays Européens bâtie sur les cendres de la Seconde guerre mondiale et que l’Allemagne deviendra un pays ami… C’est mon côté « utopiste » (je plaisante, on ne leur pardonnera jamais le coup de Schumacher en 82 à Séville).

Au fait, je vais parler de Nathan Fake

nathan fake my wife

J’aime beaucoup son LP « Drowning in a sea of love » sorti sur Border Community en 2005. C’est un véritable album (avec un début et une fin).

D’ailleurs, comme on peut le voir sur la photo, je le possède en vinyl ET en cd. Et ce n’est pas un truc débile de collectionneur (quoique)… C’est parce que l’ordre des morceaux est différent sur les deux supports (il faudrait demander au Nathan pourquoi -en espérant que ce ne soit pas juste une histoire de durée de face) et que, du coup, le résultat l’est aussi. Je préfère la version cd et c’est celle que je vais commenter (mais je vais faire comme si c’était la version du vinyl pour des raisons que je vais garder secrètes -moi inclus).

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La face A commence avec « Stops » comme au réveil d’un rêve cotonneux et aphextwinien (=ici de l’electro zarbi sans véritablement de rythmique). Le « Grandfathered » qui suit incarne tout ce que j’aime dans la musique électronique: un morceau planant, une bonne mélodie, plein de ruptures, des variations de son et quelques effets (sans en abuser).

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(dans le même genre je conseille tout particulièrement cette merveille de Daedelus)

« Charlie’s house » lui emboîte le pas mais avec un peu moins de réussite…

La face B débute par le lent et progressif « Burnblechord »… Le bruit s’invite… Durablement et tant, qu’on pourra se demander si les deux morceaux suivants, « Superpositions » et « Bawsey », ne sont pas signés par un Slowdive instrumental ou par un Mogwai contemplatif.

En début de face C, commence « The sky was pink », son tout premier 12″ (la version de l’album est plus courte, plus brute que celle du maxi et de la vidéo qui vient après) et avec lui un larsen-sirène grandiose qui traverse tout le morceau (je m’en veux à l’époque de sa sortie d’être passé à côté -je n’avais écouté que le remix de James Holden qui en avait « gommé » le côté noisy).

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Après l’explosion et le ciel rose (merci la bombe A), on croit « redescendre » avec la petite merveille (presque) pop « You are here ». Mais, des claviers déformés ravivent la tension et le bruit… On peut  se trémousser dessus (au ralenti), hocher/dodeliner de la tête ou faire le tout à la fois (c’est mon cas).

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L’ outro de cette face prend la forme d’un court (mylène) « Falmer » crescendo qui me rappelle (en beaucoup moins méchant et agressif) le monstrueux show supersonique que My Bloody Valentine a donné à Saint Malo cet été et particulièrement le passage « avion qui décolle » au milieu de « You made me realise »  (très bon souvenir).

Ce qui nous permet de rappeler qu’il est établi depuis pas mal de temps que des groupes comme justement My Bloody Valentine ou Slowdive (dont le label mélancolico-électro allemand Morr Music a sorti un album de reprises dès 2002) inspirent (dans la forme ou l’esprit) nombre d’artistes associés à la musique électronique (et je ne pense pas qu’à des trucs comme M83, The Field ou Maps…). Leur influence est d’ailleurs bien mieux digérée par les acteurs de cette scène que par des groupes de rock (qui virent rapidement à la copie ou à la caricature).

On pense alors que la dernière face du disque marquera la fin de ce voyage noisy. Nathan Fake semble en effet nous ramener « à la maison » avec un « Long sunny » qui commence dans une veine « électro ». C’est un leurre, au bout d’une minute démarre la seule guitare véritablement jouée sur l’album (par Vincent Oliver, le camarade ornithologue de Nathan Fake sur la vidéo de « You are here »).

Sur le dernier morceau, « Fell », N. Fake troque cette guitare pour des sons aquatiques qui se marient à merveille avec ses claviers… Enfin, un court silence, puis un morceau fantôme, une comptine électronique qui évoque l’inaugural « Stops », mais enregistré live et tout nu à la pointe du Raz (et j’me comprends).

Putain de bon disque.

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Ce remix que Four Tet a réalisé de « You are here » a fini dans mon top 15 de l’année 2007. Le pourtant pas violent mais virevoltant roulement de batterie vers la fin me rend fou.

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Nathan Fake jouera le samedi 24 octobre sur la scène rave, juste après Fairmont, son collègue de label…

Apocalypse now de Jean

Heureux celui qui lit,

Je n’écoute pas des disques pour avoir les chocottes mais cela arrive suffisamment rarement pour que je leur réserve une place spéciale dans mon coeur (j’aime parfois écrire comme une fille) et ma discothèque.

Le premier album de Suicide est une sorte de maître-étalon en la matière. Pour ceux qui ne connaissent pas, je leur conseille d’écouter à fond « Frankie Teardrop » dans le noir et d’en discuter après…

L’ « Apocalypse de Jean » de Pierre Henry en est un autre.

    pierre-henry-apocalypse

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Le propos n’est pas particulièrement comique, faut dire.

Mais aussi, comment ne pas prendre peur devant l’immensité de la chose? 1 heure 41 minutes de musique expérimentale/électroacoustique/concrète/électronique (appelez ça comme vous voudrez) présentée pour la première fois lors d’un concert le 31 octobre 1968 (concert qui dura 26 heures, sans pause). C’est à dire il y a presque exactement 41 ans! Jean Négroni était présent lors de ce concert -c’est lui le narrateur charismatique de cet « Oratorio électronique en cinq temps » (pour les cinéphiles, c’est également la voix off de « La jetée » de Chris Marker et le récitant dans « Papy fait de la Résistance », ce qui en fait une sorte de dieu vivant -même s’il est mort en 2005). Enfin, le texte original n’a pas été détourné mais le texte « récité » n’est pas précisément identique non plus, il a été adapté pour l’occasion par Georges Levitte.

Pierre Henry a aujourd’hui 82 ans. Comme pas mal de monde je l’ai découvert avec « Messe pour le temps présent », sa collaboration avec Maurice Béjart de 1967, sur laquelle on trouve son « tube » « Psyché rock » qui a été remixé en 1999 par Fatboy slim. Ce titre a aussi influencé pas mal de popeux (pas négatif). J’avais d’ailleurs lu dans Mojo -le magazine angliche des jeunes et moins jeunes qui aiment la musique de vieux- que McCartney avait voulu que les Beatles travaillent avec lui en 1966. Dingue, non? On ne saura malheureusement (?) jamais ce que ça aurait pu donner…

Mais son influence est plus évidente et communément reconnue dans la musique électronique. Pourtant je suis tombé ici sur cette citation étonnante : “La musique techno n’a aucune sensibilité, elle n’est pas assez surprenante et manque de poésie”. Je n’en ai trouvé trace nulle part ailleurs… Elle est étonnante d’une part parce que des artistes « techno » de la renommée de Coldcut ou William Orbit se réclament de lui et d’autre part parce qu’il les a laissés remixer certains de ses titres…

Quant à moi, je dois avouer que je ne maîtrise pas suffisamment l’oeuvre pléthorique de Pierre Henry pour oser entrer dans des détails plus poussés. Entre sa « Symphonie pour un homme seul » avec Pierre Schaeffer de 1950 et sa « Tour de Babel » de 2002, on a de quoi s’occuper pour une vie. Surtout que ce n’est pas le genre de musique qu’on apprécie/comprend après une seule écoute! Aussi, comme cette oeuvre a été récemment remasterisée (2007) par l’auteur lui-même (après tout, le son est son domaine de prédilection, qui aurait pu le faire mieux que lui?) , même ceux qui pensaient être arrivés au bout de leur « peine » ont encore des heures de réécoutes devant eux ( « remasterisation » rime souvent avec « découverte de trucs qu’on avait jamais entendus avant »).

Mais bon, revenons-en à l’ « Apocalypse de Jean » de Pierre Henry…

Petit résumé de l’histoire:

Jésus confie au jeune apôtre Jean une mission qui ne doit pas rester secrète : 1) supprimer un officier du Mal à l’état pur, Satan himself, qui a déserté et s’est taillé un empire en pleine jungle cambodgienne, sur lequel il règne par la terreur, et 2) empêcher la fin du monde, l’apocalypse, par tous les moyens possibles (y compris le terrorisme musical). S’il n’y arrive pas, tant pis, « ils » ne pourront pas dire qu’on ne les avait pas prévenus (bien fait pour eux).

Avant d’en faire une sorte de critique (subjective bien sûr) , je vais retranscrire quelques passages du journal intime de St Jean, retrouvé dans mon jardin, l’autre jour, par hasard, alors que je coupais du bois. Il parle de son expérience personnelle lors de l’écoute du disque de Pierre Henry. J’ai enlevé les références temporelles (nom du morceau/temps écoulé du morceau…) qu’il comporte et j’ai corrigé les fautes d’orthographe:

  • « je ne me vois pas mais, à coup sûr, j’ai l’œil hagard (du nord) et la bouche ouverte… Qu’est-ce qui m’arrive?…
  • je regarde toutes les 5 minutes par-dessus mon épaule… On sait jamais, un truc (démoniaque) pourrait me vouloir du mal
  • je suis en plein mauvais trip (?)
  • sens aux aguets, je suis suspendu (depuis presque 2 heures) aux paroles bibliques récitées par Jean Négroni (=dieu vivant mort en 2005, je rappelle)
  • je suis véritablement hypnotisé par les modulations, le traitement (je ralentis, j’accélère, je coupe) qu’inflige Pierre Henry à « sa » voix (au début des disques, la voix est solennelle et posée, plus on s’approche de la fin plus elle tourne à la folie -cf « La marque de la Bête » )
  • à certains moments, je suis véritablement terrorisé par ce qui est dit ( « Son nom est Mort et l’Enfer suit… », ce genre! C’est moi qui ai écrit ça?? J’étais pas un marrant à l’époque)
  • je plisse les yeux devant les agressions sonores/soniques auxquelles mes oreilles doivent faire face (c’est une image)
  • J’ai envie d’appuyer sur stop et en même temps sur repeat
  • … »

A titre personnel, je me suis demandé si me cogner la tête contre les murs n’était pas la réaction adéquate à ce qui arrivait dans mes oreilles… Je pense que 1) oui, la situation l’exigeait mais 2) non, car je pratique parfois l’écoute au casque -je la conseille d’ailleurs pour ce disque- et j’ai pas l’argent pour m’en payer un autre… Aussi, lors de mes premières écoutes, j’avais l’impression de passer sans transition d’une église à un concert d’Aphex Twin. Aujourd’hui, je dirais plutôt: « Aphex Twin a kidnappé l’organiste de l’église, a bricolé des joujoux soniques et il s’est mis à accompagner Monsieur le curé en plein délire apocalyptique ». Ce sera peut-être différent demain.

Ce qui m’étonne le plus, c’est que ce disque, 40 ans après sa sortie, donne l’impression d’être encore en avance sur son temps (ou en décalage, disons qu’il n’a jamais été dans la norme et reste donc moderne). Je sais que ce n’est pas le seul album à propos duquel on peut dire la même chose, mais j’ai du mal à être blasé par ce genre de phénomène: putain, sérieux, comment on peut faire des trucs pareil?? Hein???

Pour la représentation à l’Eglise de Notre Dame de la Gloriette (du Mans), je suis impatient de « voir » comment ça va rendre en vrai?? Jean Négroni va-t-il wessusciter pour l’occasion?? Quelqu’un va-t-il prendre sa place (à coup sûr: non! On ne remplace pas un dieu vivant, même mort)?? Y aura-t-il une illustration visuelle? Hein?? Si oui, comment peut-on illustrer avec des images un truc pareil?

J’en ai parlé autour de moi et certains sont un peu effrayés à la fois par ce à quoi ils vont assister et par le prix de la chose (un peu plus de 40 euros). J’ai parfois la bêtise de leur dire que les gens payent pareil pour voir Lara Fabian au Zenith et le double pour voir Johnny Halliday On Ice n’importe où, mais, ça les touche peu et je les comprends (par contre rien que de le voir écrit, ça fait peur).

En plan B, je leur dis avec la voix suave du démon que, bien sûr, c’est un investissement financier certain, mais que c’est aussi un événement extrêmement rare, une chance sans doute unique. Pierre Henry, légende vivante, sans qui la musique électronique -et donc Nördik Impakt- ne ressemblerait assurément pas à ce à quoi elle ressemble, mérite qu’on lui consacre cette somme si on en a les moyens. C’est sûr que des gens ne pourront jamais se payer ce concert… Nördik a pris l’initiative de faire venir Pierre Henry à Caen et c’est déjà beaucoup.

Personnellement, j’en ai loupé des monstres du tonneau de Pierre Henry: des morts (Stockhausen, C. Jerome, Pierre Schaeffer, Michel Colombier, …) et des encore vivants : Jean-Jacques Perrey, La Monte Young, Terry Riley, Philip Glass, Steve Reich.. mais lui, je ne le louperai pas!

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Heureux ceux qui entendent,

[wpaudio url="http://www.fileden.com/files/2009/3/7/2353164/Pierre%20Henry%20-%201.01.%20I%20-%20Titre-revelation.mp3" text="Pierre Henry - Livre I - Titre-Révélation" dl="0"] Si tu te surprends à dire « Amen » à la 48ème seconde c’est que tu es déjà allé(e) à la messe… Un assez bon aperçu de ce qui attend l’auditeur…

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L’Apocalypse de Jean est dispo sur le coffret Mix 0.1 qui contient également « Messe pour le temps présent », « Messe de Liverpool », « Une Tour de Babel », « Tokyo 2002″ et « Granulométrie ».

Car proche est… Le temps…

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Mardi 20 octobre, Notre Dame de la Gloriette, Caen, de 21h à minuit…

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PS: Merci de ne pas me tenir rigueur du « heureux celui qui lit » introductif, c’était pour la forme et pas une démonstration puante de prétention.