Nördiktaphone #3

Fin de festival, larme à l’oeil et retour au bureau pour vous offrir ce dernier nördiktaphone avec un retour sur jeudi et une interview au calme avec Connan Mockasin ainsi que Jérémy Georget, président d’Arts Attack qui dresse un premier bilan de cette édition et qui nous parle déjà de ce Nördik XIV à venir.

Interview Connan Mockasin @ Festival Nördik Impakt by radiophenix

Interview Jérémy Georget @ Festival Nördik Impakt by radiophenix

une semaine de festival à par(a)t

Cette semaine de concerts nordikienne fut une semaine intense avec plein de trucs à voir, de trucs à rater et des rues caennaises animées comme rarement. Une ambiance plutôt bonne, conviviale, il arriva bien sûr de se faire bouler ou asperger de bières sans excuses aucunes mais bon, si on voulait des soirées peinards, on resterait chez soi à écouter des cds (ou des vinyls) (ou des meupeutrois).

J’ai retenu 5 concerts en particulier, une sorte de top 5 dans l’ordre d’apparition à l’écran.

Gomina fut le premier groupe à jouer dans le cadre du festival (dans le cadre du before festival pour être précis). Il lança le festival de la meilleure des façons avec sa musique mélodique, répétitive et organique. Troisième fois que je vois les quatre caennais sur scène et ils s’améliorent à chaque fois. On ne connaît qu’un morceau studio d’eux et une vidéo captée live dans leur studio, il devrait y avoir du nouveau bientôt.

Death In Vegas a quant à lui ensoleillé mon mardi, chose assez incroyable tant la musique du projet de Richard Fearless est sombre et la scène sur laquelle il joua peu éclairée et perdue dans un brouillard artificiel. Il est rare qu’un groupe reprenant du service après une si longue absence brille autant avec les anciens morceaux attendus par les fans qu’avec les nouveaux. Trans love energies est un grand album, Death In Vegas un grand groupe et leur prestation fut, euh, grande.

Le mercredi était quasiment réservé aux Nördik Appart. Je ne peux parler que du concert auquel je suis allé, celui des Moonjellies dans un coquet appartement rue de Bayeux. Les (pour l’occasion) trois tourangeaux (37) ont vraiment fait honneur à leurs pop songs délicates. Leurs harmonies vocales me bluffèrent et la simplicité dans l’exécution également. Des types en or, des chansons superbes jouées justement devant une assistance à la hauteur… Grande soirée [Edit: la preuve avec cet inédit].

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Surtout qu’elle se poursuivit à la Brasserie du Théâtre, lieu de rassemblement de tous les groupes et spectateurs de ces concerts. L’ambiance fut aussi bonne et tout le monde semblait ravi de sa soirée, des groupes découverts ou revus…

Jeudi était la grande soirée de la semaine: Metronomy + Connan Mockasin + Mondkopf. Certains festivals auraient venu pèrémère pour en avoir une de ce tonneau. Selon moi, c’est le Connan qui a tiré son épingle (à coupe de cheveux zarbie) du jeu(di). J’ai été comme hypnotisé tout du long. Ses musiciens furent impec’ et du coup les chansons, bien que différentes des versions studio, aussi troublantes que ces dernières. Un exploit au vu de la production d’une justesse rare de son dernier LP. Ils auront beau faire des têtes d’ahuris de la crêche, porter des mocassins ridicules (des sabots mocassins même pour Connan), leur musique est on ne peut plus sérieuse en même temps que son interprétation est ludique et inspirée. De la poésie, voilà ce que c’était, de la poésie.

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Le vendredi, j’ai préféré voir I’m From Barcelona que Woodkid. Ceux qui étaient à l’église ND de la Gloriette ne tarissent pas déloges sur la prestation de Yoann Lemoine et ses musiciens. J’espère que je pourrai me rattraper un de ces quatre. Je ne regrette cependant pas mon choix tant la prestation des suédois d’I'm From Barcelona fut réussie. J’en ai déjà lapidairement parlé ici de manière euphorique et je maintiens mes propos.

Pour la soirée de clôture, j’ai fait des aller-retours entre le Cargö et le Fermeture éclair. C’est le live de Saul(eil) Williams qui m’a mis par terre. Impressionnant de bout en bout. Je ne connaissais que de très loin sa musique qui m’a rappelé celle des Disposable Heroes of Hiphoprisy ou des Beatnigs pour l’inventivité et le mélange des genres, sans doute en plus accessible, mais on s’en tape, c’était fort. Son groupe a été épatant, le suivant dans toutes ses exhubérances = passer d’un titre à capella à un truc très électro samplant I wanna be your dog à quasiment du punk puis à un morceau soul… J’ai envie de me pencher sérieusement sur ses disques que j’ai dû mal à imaginer à la hauteur de ce que j’ai vu.

L’année prochaine, le déroulement de Nördik 14 devrait être différente de la 13 puisque les organisateurs auraient parlé d’une édition de transition (entre celles du par expo et éventuellement d’un nouveau lieu). On verra bien mais, cette année, la multiplication des lieux (ND de la Gloriette, la mairie, la Maison de l’étudiant, la Fermeture éclair, le Pavillon de Normandie…) et l’utilisation du Cargö et même du BBC donnèrent largement satisfaction [edit: apparemment, plus qu'une année de transition, c'est plutôt une édition qui donnera le "la" des futures comme il l'est annoncé dans cette interview de qualité].

Yeah!

(j’espère agrémenter ce post de quelques photos dans un futur proche)

J’ai presque envie de dire que celui qui aura zappé la mairie en fin d’aprem n’aurAPPARATé grand chose

J’aime bien Radiohead mais j’aime pas trop les groupes qui sonnent comme Radiohead… Je pense pouvoir faire ce reproche à Sascha Ring et à ses trois amis (plus en live que sur disque). Cela avait pourtant plutôt bien démarré, avec Sweet unrest, sa longue intro instrumentale, répétitive, obsédante… Mais dès le morceau suivant, chanté, qui rappelait le Radiohead de Kid A, paf! tout s’écroula…

Ça m’a fait pareil tout du long, ça m’a glissé dessus, alors que les morceaux étaient variés, alternant moments calmes et intenses, mélangeant électronique et arpèges de guitares. J’ai trouvé le batteur fascinant, le bassiste prenait un plaisir évident à jouer et le Sascha était concentré et sympathique (le quatrième membre était assis et caché par la fumée). Purée de coq, c’eût dû être bôn, maîs ce ne le füt point.

J’ai croisé à la sortie des collègues du blog qui ont apprécié. Ils en parleront peut-être par ici.

Ce soir, c’est Cargö (Christine va démarrer sous peu, puis y aura notamment Saul Williams à 21h30 et Stupeflip à 23h30) et La Fermeture éclair avec la soirée factor[i] à partir de 21h30 (avec entre autres le londonien N-Type)..

They’re from Barcelona (alors que non)

Des gens comme ça il n’y en a pas beaucoup dans le monde de la vie.

Des gens qui n’ont aucune ambition sinon celle de proposer à d’autres gens de leur donner, comme ça, pour rire, un peu de bonheur. I’m From Barcelona en live c’est ça. Une bande de joyeux drilles, de troubadours complètement givrés venus du froid.

Hier ils étaient seulement treize sur scène, comme si il été normal d’être encore plus sur une scène de concert.

On avait quitté le BBC le week- end dernier avec un sentiment plus que mitigé on le quitte cette fois avec un sourire banane qui fait surement plaisir à voir. Car on a pu voir entre les deux le groupe le plus happy de l’histoire des groupes.

I’m From Barcelona en concert ce sont des pop songs parfaitement maitrisés, des ballons dont la taille n’a d’égal que le ventre du monsieur barbu de la bande. Des pluies de confettis et un parfum exaltant de bonheur partagé.

 

Non, I’m From Barcelona, ce n’est pas de la guimauve comme j’ai souvent pu l’entendre, I’m From Barcelona c’est tout simplement l’essence même de l’entertainment pop, avec tout ce que cela implique. Et pour l’ardeur et la sincérité que la troupe envoie dans cette noble tache, I’m From Barcelona ne mérite qu’une seule chose: de l’amour.