J’ai presque envie de dire que celui qui aura zappé la mairie en fin d’aprem n’aurAPPARATé grand chose

J’aime bien Radiohead mais j’aime pas trop les groupes qui sonnent comme Radiohead… Je pense pouvoir faire ce reproche à Sascha Ring et à ses trois amis (plus en live que sur disque). Cela avait pourtant plutôt bien démarré, avec Sweet unrest, sa longue intro instrumentale, répétitive, obsédante… Mais dès le morceau suivant, chanté, qui rappelait le Radiohead de Kid A, paf! tout s’écroula…

Ça m’a fait pareil tout du long, ça m’a glissé dessus, alors que les morceaux étaient variés, alternant moments calmes et intenses, mélangeant électronique et arpèges de guitares. J’ai trouvé le batteur fascinant, le bassiste prenait un plaisir évident à jouer et le Sascha était concentré et sympathique (le quatrième membre était assis et caché par la fumée). Purée de coq, c’eût dû être bôn, maîs ce ne le füt point.

J’ai croisé à la sortie des collègues du blog qui ont apprécié. Ils en parleront peut-être par ici.

Ce soir, c’est Cargö (Christine va démarrer sous peu, puis y aura notamment Saul Williams à 21h30 et Stupeflip à 23h30) et La Fermeture éclair avec la soirée factor[i] à partir de 21h30 (avec entre autres le londonien N-Type)..

Rencontre avec Kélib: Drum’n'bass, Dubstep et Venezuela.

Jeudi soir il y avait Metronomy & co, mais avant tout ça j’ai pris une petite demi heure pour poser quelques question à l’un des activistes de Factor[i]: Kélib. Rencontre avec un mec aussi passionné que passionnant.

Coucou, toi c’est Kélib. Tu nous présente un peu le mec derrière le pseudo ?

J’suis co-fondateur de l’asso Factor[i], une asso caennaise crée il y a un peu plus de trois ans, passionés de musiques électroniques en tout genre mais spécialisés en dubstep et drum’n'bass. On a commençé par produire des soirée dans le club du Cargö en invitant principalement des DJ’s français et très vite on a eu l’envie de faire venir des artistes que nous on écoute via les radios anglaises et de les ammener au public bas normand. De là sont nées les B[i]g Room qu’on produit deux à trois fois par ans dans la grande salle. Quant à ma casquette de DJ, ça va faire 10 ans que je pousse des disques. J’ai commencé par mixer de la techno puis très vite je suis tombé amoureux de la Drum’n'bass et j’ai commencé à en mixer en soirées. J’ai fait mon entrée dans le monde du dubstep il y a trois ans avec l’arrivée d’Oskr en France.

Tu parlais des soirées factor[i], tu peut nous dire un mot sur celle de samedi soir ?

Cette soirée elle fait suite à une demande de Nordik à qui on a du taper dans l’œil lors des soirées au Cargö et qu’on connait depuis des années parce qu’on est très investit en terme de bénévolat, en ce qui me concerne depuis la quatrième édition du festival. De coup cette année, ils nous ont confiés les rennes de la prog’ pour une soirée qui aura lieu à la Fermeture Éclair, un lieu géré par l’asso Amavada. Ce qui est important c’est que ces soirées, c’est pas juste un DJ qui vient mixer. On attache une vraie importance à la déco, aux lumières etc. Y’aura donc deux performance. Une du collectif Division Pixel qui va présenter un show graph’/vidéo, et une autre présentée par Amavada complètement indépendante de nous. C’est donc samedi soir à partir de 21h30, on présente des artistes du collectif, à savoir Oskr Ssteppa qui présente un projet assez différent de ce qu’il à l’habitude de balancer, moi je vais mixer un set clairement dubstep. On a aussi deux têtes d’affiche anglaises à savoir Ed Rush et N-Type. Et on voulait cloturer avec un invité spcial qu’on a rencontré avec Oskr au Venezuela. C’est Triphonic, un vrai showman. Ca fait maintenant 3 mois qu’on monte cette soirée et on est super éxité avant le début des hostilités.

Tu évoquais le Venezuela, on te sais très attaché à ce pays. Ca représente  quoi pour toi ?

Ma relation avec l’Amérique du Sud elle démarre il y a deux ans avec ma rencontre avec Oskr à son arrivée en France. Lui c’était un des pionniers de la dubstep là bas, c’était le premier DJ a mixer de la dubstep au Venezuela. Et du coup en arrivant en France il a recherché des mecs qui organisaient des soirée. Très vite on s’est rencontrés et pour déconner je lui ai balancé : « Bon ben je vais venir chez toi maintenant. » Deux mois plus tard j’étais là bas ! C’était mon premier pas sur le continent et je m’y suis très vite attaché tant l’accueil que j’ai reçu a été formidable. Là je reviens tout juste de 15 jours d’une vraie tournée là bas avec des live, des radios, des live streams… Et voilà, j’ai vraiment une relation très forte avec ce pays et les gens là bas. Malgré toute les difficultés politiques qu’ils peuvent rencontrer, les gens prennent vraiment soin de toi et font tout pour que tu te sente bien là bas, que tu sois pas surpris ou blessé par quelque chose. Je suis rentré samedi et j’ai pas encore vraiment atterri depuis. C’est bien qu’il y ait Nordik dans la foulée sinon j’aurais surement senti le coup de blues arriver. C’était mon deuxième voyage, et à coup sur il y en aura un troisième, un quatrième… Ces voyages là bas me font vraiment avancer culturellement. J’ai pu jouer devant 10000 personnes à Caracas, les gens ont vraiment apprécié ma musique mais surtout la démarche qui m’amène là bas, le désir de rencontres et d’échanges. On discute, on compare nos difficultés, nos souvenirs, c’est super formateur. J’ai eu aussi l’occasion d’aller jouer en Sibérie dans un festival, j’ai fait l’Allemagne, des dates un peu partout en France. C’est pour ça que je fais ça, pour rencontrer, échanger. On fait la même chose partout sur le globe après tout.

Et la prog’ de Nôrdik cette année, t’en penses quoi ?

La prog’. Euuuh (silence). Moi j’suis extrêmement déçu. J’ai connu les grande heures du Parc Expo et du coup sans cette soirée de clôture, c’est juste une teuf électro au Cargö en fait. Y’a des choses qui fonctionnent en région, une scène alternative techno même si c’est pas forcément mon kif ni celui des programmateurs, il y a un public et il faut leur donner quelque chose. Tu vois même avec la venue d’Heretik, c’est plus ce que c’était, même si j’adore ce qu’ils font, c’est plus ce pour quoi on les a connus. Après il y a des trucs qui sortent du lot. Metronomy forcement, Mondkopf c’est très bon aussi. J’ai découvert un petit caennais qui s’appelle Superpoze qui est super sympa et qui a un talent monstre et je pense qu’on va très vite en entendre parler. j’attends beaucoup N-Type, un gros pilier de la scène de Londres, chez nous, Ed Rush aussi. Sinon de notre côté avec factor[i], on trouve un peu incompréhensible la venue de Dr. P. au Cargö le même soir que notre soirée. On a eu pas mal de retour de gens qui ne comprennent pas non plus. C’est un peu malheureux qu’on ait pas pu le faire chez nous, mais on a pas notre mot à dire là dessus. Mais voilà dans l’ensemble c’est une édition en forme de grosse teuf électro de trois jours au Cargö. Mais c’est pas vraiment Nordik Impakt.

Bon et si je te dis René Coty, tu me dis ?

René Coty, René Coty… Euh attends si ça me parle. C’est pas un politicien ? Ah oui le président. Le pauvre il a pas un nom super simple. Du coup euh je sais pas. Tu me dis René Coty j’ai envie de te répondre Stade de Reims, Just Fontaine tout ça. C’est pas mal non ?

Ouais c’est pas mal du tout même. J’irais faire un tour du côté de la fermeture éclair ce soir et je vous incite à faire de même, tant les teufs du collectif sont toujours une réussite autant au niveau de la prog’ que de l’appropriation de l’espace. Si l’esprit Parc Expo vous manque, il y a des chance qu’on en retrouve un morceau ce soir.

Je vous laisse ici sa Summer Tape qui envoie comme il faut :

 Summerstep 2011 by kélib (factor[i] ) by kélib

They’re from Barcelona (alors que non)

Des gens comme ça il n’y en a pas beaucoup dans le monde de la vie.

Des gens qui n’ont aucune ambition sinon celle de proposer à d’autres gens de leur donner, comme ça, pour rire, un peu de bonheur. I’m From Barcelona en live c’est ça. Une bande de joyeux drilles, de troubadours complètement givrés venus du froid.

Hier ils étaient seulement treize sur scène, comme si il été normal d’être encore plus sur une scène de concert.

On avait quitté le BBC le week- end dernier avec un sentiment plus que mitigé on le quitte cette fois avec un sourire banane qui fait surement plaisir à voir. Car on a pu voir entre les deux le groupe le plus happy de l’histoire des groupes.

I’m From Barcelona en concert ce sont des pop songs parfaitement maitrisés, des ballons dont la taille n’a d’égal que le ventre du monsieur barbu de la bande. Des pluies de confettis et un parfum exaltant de bonheur partagé.

 

Non, I’m From Barcelona, ce n’est pas de la guimauve comme j’ai souvent pu l’entendre, I’m From Barcelona c’est tout simplement l’essence même de l’entertainment pop, avec tout ce que cela implique. Et pour l’ardeur et la sincérité que la troupe envoie dans cette noble tache, I’m From Barcelona ne mérite qu’une seule chose: de l’amour.

Barcelonight Fever.

Je vais faire court parce que j’ai cru comprendre que mon camarade roubignole avait envie de parler aussi de ce concert, mais je ne pouvais pas ne pas parler un peu de ce petit moment de bonheur naïf qui a eu lieu hier soir au BBC en compagnie des I’m From Barcelona. Bon ça n’était pas une vraie surprise, on avait tous encore des étoiles dans les yeux au souvenir de leur prestation au Cargö il y a deux ou trois ans. Mais on se dit que quand même le dernier album est un petit peu moins  bien, que ça ne peut pas marcher à chaque fois. Ben tiens, banco ! De l’intro hilarante sur Get In Line au lâché de ballons géants en passant par la choré de l’inévitable Treehouse c’était sourire indécollable et mains levées. Ils sont incroyables ces gens j’vous dit. C’est n’importe quoi de transpirer la bonne humeur à ce point. Mais ça marche plus que bien, sur certains titres j’en avais presque la larme à l’œil. Du smile aussi quand ce bambin a investit la scène pour ne plus la quitter. Les suédois l’ont fait jouer de la trompette, de la guitare, danser… Sans jamais pour autant sacrifier leurs chansons. Parce que c’est ça l’autre chose extraordinaire chez les fake-barcelonais. On est à la parade de Disney avec ballons, confettis et j’en passe, mais jamais, ô grand jamais le musical n’est sacrifié. Chaque chanson est superbement jouée (souvent bien mieux qu’en studio) qu’importe le nombre de cotillons volants. Du coup quand à la fin du concert le frontman nous dit: « So, we’re friends now ? We can come back next year and play with you again ? », j’me suis senti un peu triste de quitter cette bande de gai lurons et j’ai eu envie de crier un truc du genre « Oh oui revenez vite ! ». Mais bon faut pas déconner, j’suis un bonhomme moi.