Joseph Patrick Kennith Mount c’est, soyons clair, Dieu
Voila, cela étant dit, je vais quand même tenter de faire une petite chronique de ses 3 albums avant l’incredible soirée du Jeudi 6 Octobre pendant laquelle Metronomy partagera le Cargö avec Connan Mockasin et Mondkopf.
Tout commença à la fin du lycée quand Dieu offrit à son papa un ordinateur (un G3 pour être précis). Et Dieu, bien que batteur de formation, en fit un probablement meilleur usage que son père et sortit en 2006 (4 ans après l’avoir commencé) ce putain de disque génial qu’est Pip Paine (Pay The £5000 You Owe).

Première des 6 releases du label Holiphonic (dont je n’ai pas bien compris ni l’origine ni la raison de la disparition) cet album (limité à 500ex pour son premier pressage) est à la fois grandiose et pas facile à partager. Dieu y fait tout sauf la voix de l’hypnotique Trick or Treatz (c’est Virginia Lipinski-ki s’y colle) et la basse de Bearcan (là c’est Gabriel « bourré de talent* » Stebbing, le futur ex-bassiste du groupe, qui s’en charge).

On peut entendre sur quasi chacun des sets live de Metronomy You Could Easily Have Me qui ferait pogoter le plus centriste des MoDem de ton quartier et de temps en temps on a aussi droit à Black Eye / Burnt Thumb (une histoire vraie) qui permet à Oscar « Si j’étais gay j’aurais un petit faible pour toi » Cash de montrer en live son incroyable maîtrise de cet instrument tout aussi incroyable qu’est le Melodica.
À côté de ça il y a un paquet de pépites comme This Could Be Beautiful (It Is), I String Strung, How Say et Love Song for A Dog, qui (je ne sais vraiment pas comment les décrire autrement) auraient pu être écrites par un popeu fan de Kraftwerk qui aurait chouravé le matos d’Aphex Twin. Comment un assemblage de sons aussi affreux peut avoir un rendu pareil ? Hein ?
Nan mais sérieux, vous arrivez à écouter le clavier d’How Say sans lever les deux bras en l’air en plissant les yeux ?
Pas moi…
Pip Payne reste à mes yeux le meilleur disque de Dieu, ptet parce que j’ai jamais entendu un autre album sonner de cette façon ou ptet parce que personne d’autre que lui aurait pu faire un truc pareil. Nights Out & English Riviera sont des petites merveilles entendons nous bien, mais l’intégralité de Pip Payne rend fou (c’est positif).
Après pas mal de remixes (pour Franz Ferdinand, Tellier) et quelques reprises improbables (notamment celle de Britney Spears) Dieu prépare Nights Out et la tournée « Push Lamps » qui va suivre.

Nights Out parait en 2008 et le premier single, Radio Ladio, sorti chez Need Now Future Records (le label de Dieu qui sortira ensuite le premier cocknbullkid) rend foufou la galette, particulièrement en live.

Si le disque est nettement plus putassier que son aîné il n’en reste pas moins un sacré réservoir de tubes qui m’étonne à chaque écoute. Le succès commercial qu’il entraîne est tout à fait légitime et mérité, purée de coq : Heartbreaker ? A Thing For Me ??? Back On The Motorway ??? Vous arrivez à les écouter sans mettre les bras en l’air en plissant les yeux ? Hein ? (nan mais sérieux, c’est une vraie question : j’commence à penser que j’ai un problème moteur)
À l’époque sur scène on retrouve les 3 petits anglais avec leur push lamps et des chorégraphies à faire oublier l’omniprésence des bandes et le côté un brin rigide de la musique.
Car voila bien le seul reproche que l’on peut faire à Metronomy : le manque d’écart entre les versions disques et les versions live. En gros c’est la même chose un brin plus rapide avec des blagounettes et du gros son. J’dis ça, j’dis rien, car après 4 concerts cette année j’ai du mal à m’en plaindre… N’empêche…
En 2011, après l’EP sorti de nulle part Not Made For Love (avec le soupaire What Do I Do Now?), arrive The English Riviera et plusieurs changement dans l’effectif de Metronomy (sur scène, car au studio c’est quasi toujours Dieu seul qui compose et enregistre tout) :
- Le poste de Gabriel est repris par le funky Gbenga « je vais pas faire semblant de pouvoir épeler ton nom de mémoire » Adelekan
- Les bandes de batterie sont avantageusement remplacées par Anna « j’aimerais pas être goal pendant que tu tires un penalty » Prior

Mais le changement le plus important est clairement au niveau de la composition des morceaux : moins de machines et plus de vrais instruments.
Enfin, moitié moins. D’un côté on a du bon vieux Metronomy bien chimique (Love Underlined, Loving Arm, The Bay) et de l’autre du Metronomy qui oscille entre Rock (We Broke Free) et dodelinage de la tête (Everything Goes My Way, Trouble) et parfois les 2 en même temps (The Look).
The Bay c’est un peu l’Holiday d’English Riviera, force est de constater qu’après 27458 écoutes ça reste un putain de bon morceau et je ne connais pas beaucoup de chansons aussi populaires (à part des trucs du niveau de Right Here, Right Now) capable de résister aussi bien à l’usure.
Mais ma chouchoute de l’album reste (Ohhhh) Corinne.
Corinne c’est du concentré-décomplexé de Dieu : son énième chanson qui parle de nana, un clavier 80′s tout putassier, petite dring dring la guitare, refrain qui te reste dans la tête pendant 3h, c’est electropop sans que ce soit péjoratif, je pourrai l’écouter 4x d’affilé (ce que je suis en train de faire pour écrire tout ça) mais purée de coq, ce coup ci, Dieu, sérieux, j’ai tous tes disques, je t’ai parlé une fois, on s’est serré la main, je t’ai regardé fumer une clope à 2m de moi sans venir te faire chier, avant de manger une chips je vérifie qu’elle ne te ressemble pas et j’ai jamais demandé en gueulant Trick Or Treatz pendant tes concerts, alors sérieux, ce coup-ci, tu la joue pas pendant que je suis parti faire pipi (les bras en l’air et en plissant les yeux, c’est au passage un bon moyen de couper court à toute discussion de pissotière).
* les 2 singles de Your Twenties sont recommandés, surtout Caught Wheel (produit & enregistré par Dieu lui même)