Tu préfères savoir quand y a Henri Dès In Vegas ou voir Death In Vegas manger du riz à Caen ?

(Hein ?)

Richard Fearless et des copains à lui seront demain sur la scène du Cargö pour Nördik.

Et c’est soupaire!

Trans Love Energies est le cinquième album de DIV, sept ans après le dernier (à côté duquel, il faut avouer, nous étions complètement passé). Le Death In Vegas en chef a entre temps fait une parenthèse psyché sous le nom de Black Acid (trois singles). Certains morceaux de l’édition deluxe du dernier LP reprennent des titres de cette période (FUR, Coum,…).

Satan’s Circus était, avons-nous lu, déjà un retour à l’électro mais pour nous entre Scorpio Rising & Trans Love l’écart est grand et la surprise est bonne. Le disque n’est sorti que la semaine dernière mais les quelques écoutes qu’on a pu en faire sont étonnantes : autant Black Hole sonne comme du bon vieux DIV (période Contino Sessions / Scorpio) autant Your Loft My Acid et le putain de son, euh, acid (bonanga) nous ramène à la fin des 80′s, terrain auquel le Richard ne s’était pas jusque là franchement collé sur ses albums.

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En plus de tenir désormais seul les rênes du groupe (compos, design des pochettes, VJing…), Fearless n’a pas eu les chocottes d’en saisir également le micro. Si sur Black Hole la ressemblance avec la voix d’Iggy (qui avait brillé sur le l’Aicha de The Contino Sessions) est troublante, son organe s’en affranchit sur Coum ou la grandiose Scissors.

Nous refusons par principe de regarder des vidéos en live ou de lire des compte rendus des concerts avant nous-mêmes d’y assister, nous ne savons donc absolument pas à quoi cela ressemblera demain*.

C’est pas comme si ce blog avait une vocation informative, hein?

(désolés)

Mais pour se faire pardonner on organise un concours pour faire gagner une place pour la soirée.

* en fait on sait juste qu’il a joué Hands Around My Throat & Rekkit à Rock En Seine et ça serait d’ailleurs choubidou qu’il nous les refasse, mais de toute façon, on est prêt à prendre tout ce que Richard donne, et même ce que Richard (fear) laisse.

Metrönömick or Treatz

Joseph Patrick Kennith Mount c’est, soyons clair, Dieu

Voila, cela étant dit, je vais quand même tenter de faire une petite chronique de ses 3 albums avant l’incredible soirée du Jeudi 6 Octobre pendant laquelle Metronomy partagera le Cargö avec Connan Mockasin et Mondkopf.

Tout commença à la fin du lycée quand Dieu offrit à son papa un ordinateur (un G3 pour être précis). Et Dieu, bien que batteur de formation, en fit un probablement meilleur usage que son père et sortit en 2006 (4 ans après l’avoir commencé) ce putain de disque génial qu’est Pip Paine (Pay The £5000 You Owe).

Première des 6 releases du label Holiphonic (dont je n’ai pas bien compris ni l’origine ni la raison de la disparition) cet album (limité à 500ex pour son premier pressage) est à la fois grandiose et pas facile à partager. Dieu y fait tout sauf la voix de l’hypnotique Trick or Treatz (c’est Virginia Lipinski-ki s’y colle) et la basse de Bearcan (là c’est Gabriel « bourré de talent* » Stebbing, le futur ex-bassiste du groupe, qui s’en charge).

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On peut entendre sur quasi chacun des sets live de Metronomy You Could Easily Have Me qui ferait pogoter le plus centriste des MoDem de ton quartier et de temps en temps on a aussi droit à Black Eye / Burnt Thumb (une histoire vraie) qui permet à Oscar « Si j’étais gay j’aurais un petit faible pour toi » Cash de montrer en live son incroyable maîtrise de cet instrument tout aussi incroyable qu’est le Melodica.

À côté de ça il y a un paquet de pépites comme This Could Be Beautiful (It Is), I String Strung, How Say et Love Song for A Dog, qui (je ne sais vraiment pas comment les décrire autrement) auraient pu être écrites par un popeu fan de Kraftwerk qui aurait chouravé le matos d’Aphex Twin. Comment un assemblage de sons aussi affreux peut avoir un rendu pareil ? Hein ?

Nan mais sérieux, vous arrivez à écouter le clavier d’How Say sans lever les deux bras en l’air en plissant les yeux ?

Pas moi…

Pip Payne reste à mes yeux le meilleur disque de Dieu, ptet parce que j’ai jamais entendu un autre album sonner de cette façon ou ptet parce que personne d’autre que lui aurait pu faire un truc pareil. Nights Out & English Riviera sont des petites merveilles entendons nous bien, mais l’intégralité de Pip Payne rend fou (c’est positif).

Après pas mal de remixes (pour Franz Ferdinand, Tellier) et quelques reprises improbables (notamment celle de Britney Spears) Dieu prépare Nights Out et la tournée « Push Lamps » qui va suivre.

Nights Out parait en 2008 et le premier single, Radio Ladio, sorti chez Need Now Future Records (le label de Dieu qui sortira ensuite le premier cocknbullkid) rend foufou la galette, particulièrement en live.

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Si le disque est nettement plus putassier que son aîné il n’en reste pas moins un sacré réservoir de tubes qui m’étonne à chaque écoute. Le succès commercial qu’il entraîne est tout à fait légitime et mérité, purée de coq : Heartbreaker ? A Thing For Me ??? Back On The Motorway ??? Vous arrivez à les écouter sans mettre les bras en l’air en plissant les yeux ? Hein ? (nan mais sérieux, c’est une vraie question : j’commence à penser que j’ai un problème moteur)

À l’époque sur scène on retrouve les 3 petits anglais avec leur push lamps et des chorégraphies à faire oublier l’omniprésence des bandes et le côté un brin rigide de la musique.

Car voila bien le seul reproche que l’on peut faire à Metronomy : le manque d’écart entre les versions disques et les versions live. En gros c’est la même chose un brin plus rapide avec des blagounettes et du gros son. J’dis ça, j’dis rien, car après 4 concerts cette année j’ai du mal à m’en plaindre… N’empêche…

En 2011, après l’EP sorti de nulle part Not Made For Love (avec le soupaire What Do I Do Now?), arrive The English Riviera et plusieurs changement dans l’effectif de Metronomy (sur scène, car au studio c’est quasi toujours Dieu seul qui compose et enregistre tout) :

  • Le poste de Gabriel est repris par le funky Gbenga « je vais pas faire semblant de pouvoir épeler ton nom de mémoire » Adelekan
  • Les bandes de batterie sont avantageusement remplacées par Anna « j’aimerais pas être goal pendant que tu tires un penalty » Prior

Mais le changement le plus important est clairement au niveau de la composition des morceaux : moins de machines et plus de vrais instruments.

Enfin, moitié moins. D’un côté on a du bon vieux Metronomy bien chimique (Love Underlined, Loving Arm, The Bay) et de l’autre du Metronomy qui oscille entre Rock (We Broke Free) et dodelinage de la tête (Everything Goes My Way, Trouble) et parfois les 2 en même temps (The Look).

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The Bay c’est un peu l’Holiday d’English Riviera, force est de constater qu’après 27458 écoutes ça reste un putain de bon morceau et je ne connais pas beaucoup de chansons aussi populaires (à part des trucs du niveau de Right Here, Right Now) capable de résister aussi bien à l’usure.

Mais ma chouchoute de l’album reste (Ohhhh) Corinne.

Corinne c’est du concentré-décomplexé de Dieu : son énième chanson qui parle de nana, un clavier 80′s tout putassier, petite dring dring la guitare, refrain qui te reste dans la tête pendant 3h, c’est electropop sans que ce soit péjoratif, je pourrai l’écouter 4x d’affilé (ce que je suis en train de faire pour écrire tout ça) mais purée de coq, ce coup ci, Dieu, sérieux, j’ai tous tes disques, je t’ai parlé une fois, on s’est serré la main, je t’ai regardé fumer une clope à 2m de moi sans venir te faire chier, avant de manger une chips je vérifie qu’elle ne te ressemble pas et j’ai jamais demandé en gueulant Trick Or Treatz pendant tes concerts, alors sérieux, ce coup-ci, tu la joue pas pendant que je suis parti faire pipi (les bras en l’air et en plissant les yeux, c’est au passage un bon moyen de couper court à toute discussion de pissotière).

* les 2 singles de Your Twenties sont recommandés, surtout Caught Wheel (produit & enregistré par Dieu lui même)

Interview du Cargö : Touché? Coulé!

En fait le Cargö c’est un juste un branleur, encore plus arrogant que Prince, qui veut draguer sa nouvelle voisine. Ok elle est mignonne l’école des Beaux-Arts, mais elle est carrément trop jeune pour toi… (C’est gratuit mais j’fais pas ce boulot pour me faire envoyer bouler comme ça sans en placer une !).

Salut c’est pour le Nördik Blog

Ouais j’ai pas l’temps tu vois, j’ai rencart là. Pff c’est quoi cette attachée de presse stagiaire là… qui filtre que dalle! Ca va être quoi après toi? Starclub? Bon allez, tu veux savoir quoi ?

Les Cargönautes sont des gens sympas

Le Cargö s'amuse

Ben c’était juste pour parler de la soirée de jeudi en 30 secondes

Oui ben vite fait alors. En fait j’ai invité le meilleur groupe normand actuel et des 10 dernières années, plus le meilleur groupe chinois d’Asie et le plus gros sound system portugais d’Europe. C’est des trucs que t’auras jamais plus l’occasion de revoir, tu devrais en profiter, c’est pour les mecs comme toi qui sortent jamais de leur campagne que j’organise ça et que j’ai inventé Youtube et l’Iphone,  me remercie pas man.

Intervention de l’attachée de Presse : « Ca fait déjà 3minutes, c’est fini, désolée, il est un peu sec, vous comprenez faut pas le prendre pour vous, il est très demandé, il travaille beaucoup et tout lui tient tellement à cœur ».

GaBlé, he’s OK et c’est tant mieux

Voici ce qui se passe normalement quand on reçoit un disque pour le chroniquer. On l’écoute entre une et dix fois suivant le temps, l’envie et la façon dont on apprécie le disque. On prend note mentalement d’un genre musical on affine avec quelque adjectifs connus des seuls mélomanes pour se la péter un peu on le place à côté de deux trois références communes dont on va dire qu’ils sont des influences puis après lui avoir délicatement déplié les ailes on lui pique l’abdomen et on le plante à côté de ces congénères dans notre jolies collection de papillons morts références musicales. Dans les conversations, ça donne à peu près ça : « Non mais franchement le dernier Phat Ladys Sux Betta a beau se revendiquer plutôt old-school west-coast, je le trouve franchement dirty south, peut-être même encore plus booty et digital que Eat My Crack ou que Tha Wu Klux Klan… » Sauf accident, vous gagnez a peu de frais le respect de l’interlocuteur qui se demande soudainement pourquoi il n’a pas revendu ses CD de Vanessa Paradis pour essayer de briller en société comme vous venez de le faire. Ce genre de technique vous permet de convaincre facilement tout partenaire sexuel potentiel de vous choisir vous, de progresser dans l’organigramme de l’entreprise, de devenir un homme meilleur qui fait l’admiration de sa boulangère et de ses voisins. Certains finissent même juré à la Star Ac’, c’est vous dire si c’est bien.

Et puis arrive un jour ce qui ne devrait jamais arriver. Alors que la veille vous avez chroniqué The Razors de la pop mancunienne aux accents spectoriens et In Girum du néo-kraut qui n’est pas sans rappeler aussi les développement early-électro de la musique d’illustration française, vous recevez un album qui se refuse à rentrer dans un genre précis… C’est énervant ça, qu’il y ait encore des gars pour faire la musique tout court. En dehors des limites d’un genre… On leur a bien dit pourtant… Merde… Comment je fais-moi… En plus c’est de la bonne, ce qui est encore plus embêtant. Elle aurait été mauvaise sa musique au GaBlé, on aurait évacué ça en deux trois vannes bas du front. Mais non impossible. Parce que sous le bricolage hétéroclite que constitue l’album se cache une petite pépite. Oh bien sûr, à ne pas vouloir s’en tenir à un genre, GaBlé tape forcément dans plusieurs. Le riff de Arm and Nose, Arms and Noise sonne rock, mais il est joué au violoncelle. I’m OK sonne néo-folk déglingo alors que Mon Coté féminin joue la carte du breakcore minimaliste et rigolard. Les samples de voix à droite à gauche font trip-hop et pourtant l’album n’a rien de trip-hop.

Imaginez un routard de trente piges qui vient de faire le tour du monde durant les huit dernières années. Il vient de rentrer et raconte ses souvenirs disparates. Voilà à quoi ressemble le dernier disque de GaBlé, une juxtaposition de paysages sonores, d’anecdotes sous forme de morceaux très courts, un échantillon de la beauté du monde de la musique raconté avec sensibilité et humour et avec le souci de franchir les frontières le plus librement possible. I’m OK est juste un de ces très bons albums, un de ces inclassables de bricoleur fou qu’on pourrait ranger sans honte du côté des Wyatt ou Comelade justement parce qu’il ne leur ressemble pas.

Il passe avec Chinese Man et Buraka Som Systema au Cargö jeudi 22 octobre à 21h00 après avoir travaillé son nouveau live en résidence… Ne le ratez pas. On a si peu l’occasion de voyager à peu de frais…