Archives du mot-clé K-Real

La vie des grands fauves : Blind Test K-Real (part1)

K-Real aka The Phuncky Doyen, c’est juste Monsieur hip-hop à Caen. Bien sûr, il s’en défend… Très modestement, il préfère que l’on pense à lui comme le Mister Univers du hip-hop, le Schouarzenneguère, le Chwarzenneger, le Shooar… oh et puis merde, le gouverneur californien disais-je du rap, de la soul, de la funk. C’est aussi un copain, ce qui expliquera le ton volontiers complaisant de cet article, en plus il est plus grand que moi et il me fait peur…

Taillé dans une armoire normande, il promène sa force tranquille là où le hip-hop bouge depuis une vingtaine d’années… La moitié de l’Europe était communiste, Mitterrand venait d’être réélu, le Minitel était une innovation technologique quand K-Real s’est mis à écouter Run DMC et Public Enemy. En toute logique, il a ensuite remonté le courant vers la soul et la funk et a décidé de devenir un passeur, animateur radio sur 666, sélecta pour les Stereotype Party et promoteur quand l’occasion se présente. Il est connu comme le loup blanc, joue dans toute la France et accueille parfois des américains. Mais c’est un modeste, presque timide et plutôt que de l’interviewer, nous avons décidé de faire un blind-test.

Tout était bien parti, la sélection faite, la jambon de sanglier posé sur la table, les ti-punchs servis, le dictaphone à l’affût quand se déroula la catastrophe que j’aurais du prévoir. Quand tu parles musique a un passionné, le timide laconique se transforme en torrent de mot, et je me retrouve avec plus d’une heure d’enregistrement à transcrire et un K-Real qui s’est emparé des platines en assénant noms, dates, labels…

Just the two of us/Bill Withers

Just the two of us… Le nom ? J’ai un problème avec les noms d’artistes. Ca été samplé par Daddy Lord C dans le titre Freaky Flow, entre autre… C’est mort, je vais pas trouver, j’ai aucune mémoire des noms. Je vois la pochette, c’est une pochette blanche… J’ai deux albums de ce gars… Je joue des morceaux soul, j’aime bien… Surtout en début de soirée ou dans certains lieux, par exemple la Garsouille, ça s’y prête bien. Ou en bar de nuit, les gens arrivent vers 1H00, de 23h00 à 1h00, ça s’y prête bien. Un indice ?

Il s’appelle Bill…

Bill Withers !!! C’est pas celle que je passe, celle là elle est connue, samplée dans le west-coast…

Tu les achètes où tes disques ?

Tu crois que je vais te donner mes plans (rire mafieux, main sur le holster, musique du Parrain…). Déjà que je me plains que d’autres arrivent à choper ce que je joue… Je dis plus à personne où je les chope… Les anciens trucs, ça me dérange pas, ce morceau par exemple, c’est quasiment du domaine public… Mais quand c’est une nouveauté, un truc que tu te prends la tête à trouver, là, ça commence à m’embêter effectivement… À la rigueur ce que j’ai pour moi, c’est la sélection. Je suis pas DJ. Avec moi, tu vas pas voir des scratchs, des passe-passes… Il faut bien se démarquer, et moi c’est avec la sélection. Si des DJ qui sont plus techniques que moi jouent les mêmes trucs que moi, ben c’est mort. Donc je fais attention…

Let it go/Herbaliser (feat. What What)

Facile… Un de mes morceaux préférés… Surtout quand la basse rentre… Il est trop facile à mixer celui-là ! T’as le beat… Tu l’enchaînes bien avec l’autre… Et tac la basse rentre… Donc Herbaliser à la production avec What What devenu Jean Grey Elle est quasiment sur tous les albums d’Herbaliser. Ils ont du garder de très bons rapports. Là sur cet album, Very Mercenary sorti en 96 ou 98, c’est sa meilleure apparition avec Herbaliser (après vérification, c’est 1998, bien ouèj K-Real !)… Et quand il scratche à la fin… Parfois, je passe un morceau juste pour un petit truc… Et là je le joue jusqu’à la fin, parce qu’il y a un petit scratch qui dure pas longtemps et c’est les Beastie Boys, un extrait de leur premier album avec l’avion qui s’écrase. Et j’adore le petit scratch qui dure dix secondes. Herbaliser, je vais essayer des le voir samedi soir même si je joue. Mais ça va être chaud, je fais quatre passages entre les groupes, dont deux passages de quarante minutes. Et je passerai bien un morceau d’Herbaliser en clin d’oeil, je sais pas encore, j’ai pas préparé… Faut que je sois dans le speed… Je fais du bachotage… Et puis j’improvise sur place…

Malik/The Lafayette Afro Rock Band

Bon, ça sonne récent déjà…

Non…

Ah ouais ??? Ca sonne comme des trucs que je peux passer maintenant genre Mr Confuse… (…long silence…) Mmmm, la pochette, c’est une dame en afro et ça s’appelle… Malik, un truc comme ça… Heu… Lafayette, heu…

Lafayette Afro Rock Band.


Ca sonne vraiment récent… Y’a pas mal de cuivre, c’est instru quoi. Moi, j’aime bien ça…. En ce moment, les batteries ressortent énormément, j’aime bien ça. J’aime bien aussi les trucs un peu rock comme Lefties Soul Connection, c’est une ambiance assez rock avec une batterie super présente, des breaks, à la rigueur une petite guitare électrique. C’est super énergique et ça groove… Ca m’arrive de jouer des trucs un peu rock, comme les groupes des années soixante dix, des groupes de blancs qui embauchaient des blacks. Genre ils embauchent un bassiste black et ça change tout… Ca reste assez rock mais y’a du groove qu’il n’y avait pas dans les autres groupes… 1973, c’est mon année préférée… 1972, ça sonne rythm and Blues, 1973, c’est parfait, 1974, ça commence à sonner disco.

73, c’est une année qui change tout pour moi. J’aime bien le Clarence Reid par exemple…Un grand producteur…

(À suivre…)

Ce soir dés 19h00 au Spot : Vintage (Rue de Geôle/Face au Château) Stereotype Freshest Team avec Dj Bluff, Dj Teo & Phuncky Doyen.