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C’est (bien) finik

25 octobre 2009

Je m’attendais à une grosse soirée du samedi et je l’ai eue…

Entre 23h (début du concert des Dub Pistols) et 3-4h (fin du set de Kevin Saunderson), pas une minute de répit (j’avoue quelques rapides arrêts au bar): à peine le temps de papoter ou de taper une ligne sur un ordi.

Les Dub Pistols jouaient sur le scène live, donc au Zénith.

Difficile de ne pas aborder le problème du son sur cette scène.

Seule la performance d’Etienne De Crécy n’en a pas souffert.

En tout cas, les quatre premiers titres des Dub Pistols ne m’ont pas convaincu et pas qu’à cause du son. Ils avaient pourtant de l’énergie à revendre, le sourire communicatif mais… Ch’uis pas rentré dedans. Il faut dire que j’avais vraiment envie de voir Fairmont et que seule une prestation éblouissante des DP aurait pu m’empêcher de bouger.

Je n’ai pas regretté une seconde.

la confiance est le fairmont de notre société

Dans un commentaire récent, Daximilien évoquait les histoires, les voyages qu’on pouvait faire grâce à la « techno »… C’est exactement ce que Fairmont a proposé. Je suis resté trente, quarante, cinquante minutes complètement immergé dans sa musique… Seul faux pas, une fausse manip’ en fin de set qui m’a fait perdre le fil et m’a empêché d’y re-rentrer après.

Retour rapide au Zénith pour voir la fin des Dub Pistols, histoire de se rendre compte que dans les gradins, le son est aussi pourri que dans la fosse.

c'est marrant sodo ça fait comme le début de sodomie

J’ai un peu menti en disant que je ne m’étais pas arrêté une seule fois. Avec pointard, on s’est fait une pause Viviane Sodo. Une femme, avec une moustache de Charlot, tout de blanc vêtu, est descendue du « plafond » du Zénith grâce à un câble. Elle a atterri sur un piano placé dans la fosse. Elle a mis de la farine partout dessus et l’a dispersée en se balançant/s’envolant grâce au câble. Elle a ouvert son manteau blanc et a explosé ses seins faits de paquets de farine et en a mis partout. Puis elle s’est jetée dans une poubelle installée à côté du piano.  Ses assistants l’ont enfin fait sortir de la salle en essayant de contenir les assauts répétés de petits excités cherchant à lui mettre des fessées ou à sniffer la farine qui était sur elle. Dépaysant (le spectacle, pas obligatoirement les jeunes excités qui étaient eux, bien urbains).

Je me faisais une grande joie d’assister au live de Superpitcher et je m’étais réécouté ses disques idéalement déprimants en boucle ces dernières semaines. Je n’étais pas préparé à voir un Aksel Sch(o)uffler joyeux et sautillant: de loin (et je ne parle absolument pas de musique), il ressemblait à David Guetta, sa façon de se balancer, de tenir son casque… Déception énorme. Ce n’était ni mauvais ni honteux mais je ne voulais pas adhérer à ce qu’il jouait…

J’ai abrégé mes souffrances après quatre titres pour me précipiter vers la scène live pour la grandiose Ebony Bones.

J’ai trouvé son concert excellent, malgré le son pourri.

Et ce dernier ne l’était pas qu’à moitié. L’impression d’écouter une vidéo sur youtube sur un portable avec carte son/enceintes de base (celui du mien par exemple). Pourtant, visuellement quelle classe. Une tornade de couleurs. La Ebony a aussi montré qu’elle pouvait avoir mauvais caractère: elle boudait pafois, insatisfaite des réactions du public… Pour sa défense, le public ne comprenait pas un mot de ce qu’elle disait (sa voix était écrasée/compressée/comme cryptée): « Elle veut qu’on crie? Qu’on siffle? Qu’on danse?? »

Du coup, alors que généralement, ses passages sur scène provoquent des mini séismes dès l’introductif « We know all about U », il aura fallu attendre ici son 3ème, le phénoménal « Story Of St.Ockwell » , pour faire vraiment bouger la fosse! Une bombe! Grand moment! Le set continuera sur cette lancée et provoquera ma première suée de la soirée. A noter que je suis bien incapable d’avoir un avis concernant l’utilisation de la double batterie sur scène (je pourrais dire que c’est à cause du son pourri mais je ne le ferai pas pasque j’ai dépassé mon quota d’utilisation du mot « pourri »).

Ah, et je lance un gigantesque big up à ses choristes grimées en femmes de Fela, qui, imperturbables, se sont démenées du début à la fin. Impressionnantes!

Un tour sioupère rapide aux water closet (je me suis lavé les mains, je le jure -en fait non) et direction la scène Rave pour un autre artiste très attendu par moi, Nathan Fake. Autant je trouve que ses disques sont largement supérieurs à ceux de son collègue de label (Border Community) Fairmont, autant ce rapport s’est inversé hier soir en live (comme si ce dernier avait voulu me fairmontir…). Je n’ai pas réussi à être pris par sa musique (je suis arrivé à la bourre, il fallait peut-être monter dans le train à l’heure). Je n’ai pas trouvé sa prestation mauvaise, mais je n’ai pas été emballé non plus, sans trop savoir pourquoi… Certains autour de moi ont parlé de problèmes d’enchaînement entre les morceaux, de décalages, … D’erreurs techniques, en gros. Je ne suis pas assez qualifié pour confirmer ou infirmer la chose…

Reste que nous décidons de le quitter pour Etienne de Crécy.

Quand je repense à son concert, le mot « beau » me vient à l’esprit. Beau visuellement d’abord. Son installation scénique dans une structure à 9 cases qui rappellera aux trentenaires téléphiles (spéciale dédicace à Pop The Fish) celle de l’Académie des Neuf des 80’s est purement bluffante. Il surplombe l’audience dans la case du milieu, avec ses claviers. Plutôt que d’écrire des pages sur la façon dont s’anime la structure, voici quelques photos :

Je choisis Laurence Badie

Musicalement, seconde suée de la soirée (il fait plus chaud dans la fosse du Zénith que dans le Hall 2 du Parc Expo, mais ça n’explique pas tout). Je ne sais pas combien de temps il a joué mais je sais que j’ai dansé tout du long (mes alcoolytes aussi), le sourire aux lèvres, avec une envie irraisonnée de lever les bras au ciel et de sauter. Son live se terminera par « Fast track » et « Le patron est devenu fou! », laissant l’audience pantoise et heureuse.

Pas le temps, de flâner, direction Kevin Saunderson (bon, j’avoue m’être arrêté au bar avant).

Au passage, je ne sais pas si cette soirée était, telle une galette, complète, quel était le taux de remplissage, ce genre de trucs… mais je peux dire que les déplacements se faisaient assez facilement. J’en déduis que soit 1) ce n’était pas complet 2) soit les organisateurs ont limité le nombre de billets mis en vente pour éviter la cohue. Si c’est l’option (2), c’était une bonne idée.

La preuve, en peu de temps, on se retrouve devant la scène live, où djaie Kevin Saunderson, sans avoir à bousculer qui que ce soit (et sans l’être soi-même).

cette photo est extraites des archives extraterrestres de jean claude bourret

Seules quelques minutes m’auront été nécessaires pour entrer dans son set. Je peux juste dire que sa prestation fut tout à fait à mon goût, surtout le final que j’ai trouvé grandiose (l’apparition subite d’un clavier cheesy et de tchiketchiketchiks) et c’est déjà beaucoup. Pas mal de gens autour de moi souriaient béâtement… Je ne maîtrise pas assez l’histoire et le répertoire du bonhomme pour m’étendre plus… S’il y a ici des spécialistes, leurs commentaires sont plus que bienvenus.

Et avec la fin de son set, sous les applaudissements nourris de la foule, sonne la pause: je vais enfin pouvoir me poser quelques instants, sans avoir à courir entre deux scènes. Yeah!

Assis, un verre à la main (au passage on soulignera la sympathicosité des bar(wo)men des différents bars du site), pointard & I pûmes enfin discutailler avec quelques uns de nos collègues de blög: Niko, AbbeyPop, JohnBitch et LeMecQuiPasseBillyIdolEnDjSet… J’aimerais retranscrire les choses hyper intelligentes qui ont été dites mais j’ai un peu de mal à m’en souvenir. Je sais qu’on a fait cette photo colorée, assez ebonybonesesque:

je me suis pas lavé une seule fois les mains après être allé aux toilettes

Je n’ai pas jeté une oreille dans la scène Klub, je ne peux malheureusement même pas parler de Howie B… Je peux par contre dire que j’ai apprécié la sélecta de Phunky Doyen entre les groupes du Zénith. Ce fut, sur ce que j’en ai entendu, un sans faute qui n’a, lui, pas souffert de problèmes de son.

Vers 6-7h, nous (pointard & myself) quittâmes Nordik impakt après un dernier passage à la scène rave pour y entendre cette crème de Marco Bailey (ou bien Felix Krocher de serrure, j’ai un doute), laissant derrière nous une foule clairsemée et de très bons souvenirs (surtout Fairmont, Ebony bones, Etienne De Crécy et Kevin Sauderson). Trois bons quarts d’heure de marche nous attendaient… On n’eut même pas la force de chanter « un kilomètre à pieds » au delà de « deux kilomètres à pieds »…

Après un temps indéfini, nous choppîmes heureusement un véol dont la selle circulaire et folle, égayit les 20 minutes que durit encore le trajet.

C’était cool.

nathan fait que semblant de faire de l’électro

14 octobre 2009

Bon OK, c’est pas tout à fait vrai…

En même temps, il faudrait se mettre d’accord sur une définition universelle de l’électro… Est-ce qu’on parle de la forme? Du fond? Est-ce qu’il y a une philosophie derrière? Est-ce qu’il peut y avoir de l’électro à guitare? De la pop sans chansons? De la shoegaze sans guitares? Hein?

Eh ben oui, les frontières entre les genres musicaux s’effacent et les frontières en général aussi… Vous verrez qu’un jour il y aura une Union des pays Européens bâtie sur les cendres de la Seconde guerre mondiale et que l’Allemagne deviendra un pays ami… C’est mon côté « utopiste » (je plaisante, on ne leur pardonnera jamais le coup de Schumacher en 82 à Séville).

Au fait, je vais parler de Nathan Fake

nathan fake my wife

J’aime beaucoup son LP « Drowning in a sea of love » sorti sur Border Community en 2005. C’est un véritable album (avec un début et une fin).

D’ailleurs, comme on peut le voir sur la photo, je le possède en vinyl ET en cd. Et ce n’est pas un truc débile de collectionneur (quoique)… C’est parce que l’ordre des morceaux est différent sur les deux supports (il faudrait demander au Nathan pourquoi -en espérant que ce ne soit pas juste une histoire de durée de face) et que, du coup, le résultat l’est aussi. Je préfère la version cd et c’est celle que je vais commenter (mais je vais faire comme si c’était la version du vinyl pour des raisons que je vais garder secrètes -moi inclus).

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La face A commence avec « Stops » comme au réveil d’un rêve cotonneux et aphextwinien (=ici de l’electro zarbi sans véritablement de rythmique). Le « Grandfathered » qui suit incarne tout ce que j’aime dans la musique électronique: un morceau planant, une bonne mélodie, plein de ruptures, des variations de son et quelques effets (sans en abuser).

(dans le même genre je conseille tout particulièrement cette merveille de Daedelus)

« Charlie’s house » lui emboîte le pas mais avec un peu moins de réussite…

La face B débute par le lent et progressif « Burnblechord »… Le bruit s’invite… Durablement et tant, qu’on pourra se demander si les deux morceaux suivants, « Superpositions » et « Bawsey », ne sont pas signés par un Slowdive instrumental ou par un Mogwai contemplatif.

En début de face C, commence « The sky was pink », son tout premier 12″ (la version de l’album est plus courte, plus brute que celle du maxi et de la vidéo qui vient après) et avec lui un larsen-sirène grandiose qui traverse tout le morceau (je m’en veux à l’époque de sa sortie d’être passé à côté -je n’avais écouté que le remix de James Holden qui en avait « gommé » le côté noisy).

Après l’explosion et le ciel rose (merci la bombe A), on croit « redescendre » avec la petite merveille (presque) pop « You are here ». Mais, des claviers déformés ravivent la tension et le bruit… On peut  se trémousser dessus (au ralenti), hocher/dodeliner de la tête ou faire le tout à la fois (c’est mon cas).

L’ outro de cette face prend la forme d’un court (mylène) « Falmer » crescendo qui me rappelle (en beaucoup moins méchant et agressif) le monstrueux show supersonique que My Bloody Valentine a donné à Saint Malo cet été et particulièrement le passage « avion qui décolle » au milieu de « You made me realise »  (très bon souvenir).

Ce qui nous permet de rappeler qu’il est établi depuis pas mal de temps que des groupes comme justement My Bloody Valentine ou Slowdive (dont le label mélancolico-électro allemand Morr Music a sorti un album de reprises dès 2002) inspirent (dans la forme ou l’esprit) nombre d’artistes associés à la musique électronique (et je ne pense pas qu’à des trucs comme M83, The Field ou Maps…). Leur influence est d’ailleurs bien mieux digérée par les acteurs de cette scène que par des groupes de rock (qui virent rapidement à la copie ou à la caricature).

On pense alors que la dernière face du disque marquera la fin de ce voyage noisy. Nathan Fake semble en effet nous ramener « à la maison » avec un « Long sunny » qui commence dans une veine « électro ». C’est un leurre, au bout d’une minute démarre la seule guitare véritablement jouée sur l’album (par Vincent Oliver, le camarade ornithologue de Nathan Fake sur la vidéo de « You are here »).

Sur le dernier morceau, « Fell », N. Fake troque cette guitare pour des sons aquatiques qui se marient à merveille avec ses claviers… Enfin, un court silence, puis un morceau fantôme, une comptine électronique qui évoque l’inaugural « Stops », mais enregistré live et tout nu à la pointe du Raz (et j’me comprends).

Putain de bon disque.

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Ce remix que Four Tet a réalisé de « You are here » a fini dans mon top 15 de l’année 2007. Le pourtant pas violent mais virevoltant roulement de batterie vers la fin me rend fou.

Nathan Fake jouera le samedi 24 octobre sur la scène rave, juste après Fairmont, son collègue de label…